• 5 Juin 2018

Pour la première fois, la plateforme de crowd funding Kickstarter pourrait donner naissance au plus grand projet d’Art public que les Etats-Unis aient jamais connu. Il s’agit d’une initiative des Artistes Hank Willis Thomas et Eric Gottesman pour un projet apolitique et social dans les 50 Etats américains.

Panneau d'Art public

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Un projet d’envergure nationale

La plateforme For Freedoms est dédiée à l’engagement de la société civile, au débat et à l’action directe des Artistes aux Etats-Unis. Cette organisation à but non lucratif à été fondée par les Artistes Hank Willis Thomas et Eric Gottesman. Ces deux Artistes ont su se forger un nom sur le marché international de l’Art avec des expositions dans de grandes institutions internationales tel le Guggenheim de Bilbao en Espagne. Le projet qu’ils ont mis en place via la plateforme For Freedoms s’intitule “50 States, 50 Billboards.” En effet, l’idée est d’obtenir la participation des 50 Etats américains pour installer partout dans le pays des panneaux publicitaires transformés en œuvres engagées par des Artistes. Ainsi, l’objectif est de promouvoir l’engagement de la société civile en faveur de l’ouverture à travers l’Art. Le projet a commencé en 2016 et la compagne de crowd funding lancée via Kickstarter s’achèvera le 3 juillet 2018. “Notre but n’est pas de soutenir un parti politique ou de un agenda partisan, mais plutôt de permettre à chacun partout aux Etats-Unis de se sentir le bienvenu dans la débat de la société civile” affirment les organisateurs.

Représentation de la justice

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Une participation sans précédent des institutions américaines

Selon Eric Gottesman, “à l’origine de ce [projet] il y a eu le désir d’améliorer la qualité du débat civil et d’insérer l’Art dans le débat public. (…) Son échelle correspond à nos intentions”. Néanmoins, il s’agit aussi d’une initiative qui s’inscrit dans la suite des campagnes des candidats Bernie Sanders et Rand Paul. Tout comme les deux anciens candidats, le projet “50 States, 50 Billboards” semble bénéficier du même élan de sympathie des Institutions culturelles. En effet, près de 200 musées et organisations culturelles ont d’ores et déjà participé au projet. Cela inclut notamment le Brooklyn Museum dont la Directrice engagée vient d’essuyer plusieurs controverses comme Art-Trope l’avait évoqué dans son article. Entre 300 et 500 Artistes sont attendus pour s’investir dans le projet. Parmi ces Artistes, Carrie Mae Weems, Trevor Paglen, Tania Bruguera, Marilyn Minter et Rashid Johnson proposeront leurs œuvres en septembre 2018.

Replacer l’Art au cœur du débat public

“Nous avons déjà la conviction que les musées font leur devoir civique et tout comme les Artistes, mais cela n’est pas nécessairement vu de cette façon et c’est la raison pour laquelle ce n’est souvent pas considéré comme important- cela peut être vu comme frivole” rappelle Hank Willis Thomas. “Mais nous croyons que [nous les Artistes et organisations culturelles] sommes les Think-Tank de demain” ajoute-t-il. Les organisations participantes dans les Etats américains ont déjà pour la plupart un programme d’événements et initiatives culturelles bien établis. C’est le cas de l’Université de Virginie à Charlottesville et du Charlottesville Office of Human Rights ainsi que du Jefferson School African American Heritage Center. En effet, ces institutions ont mis un place une série de projets axés autour de l’histoire de l’esclavage et du racisme toujours présent dans la ville et dans l’Etat. La Virginie a été la base des Sudistes pro-esclavage au moment de la Guerre de Sécession. Le projet des deux Artistes est un moyen de leur donner une résonance nationale.

Panneau philosophique

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Sources: The Arts Newspaper et For Freedoms.