• 9 Fév 2018

A première vue, il apparaît que le marché mondial de l’Art a connu l’une de ses plus belles années en 2017. En effet, les ventes emblématiques du tableau le plus cher du monde, “Salvator Mundi” de Leonard Da Vinci pour 450,3 millions de dollars, et celle de Jean-Michel Basquiat pour 110,5 millions de dollars, ont fait couler beaucoup d’encre. Néanmoins, la face cachée du marché, celle où se retrouvent collectionneurs et Artistes émergents, semble s’éroder d’avantage. Quelle analyse peut-on faire des records 2017 du marché de l’Art?

Cette image de Pexels représente un échiquier avec deux figurines en bois.

© Pexels

2017: l’année de tous les records

Depuis la vente du “Salvator Mundi“, nouvel iconique alter ego de la Joconde au Musée du Louvre d’Abu Dhabi, le monde de l’Art semble flotter sur un nuage. En effet, les ventes réalisées par les ventes aux enchères des principales maisons ont généré des chiffres d’affaires considérables. Le 18 mai 2017, la vente d’une oeuvre de Jean-Michel Basquiat avait déjà dépassé la barre des 58,5 millions de dollars, record précédemment établit par Jeff Koons en 2013. Ainsi, Artprice parle de 1400% de croissance entre 2000 et 2017 pour l’Art contemporain avec près de 700 créations de musées par an. En effet, à titre d’exemple, Christie’s France a réalisé 342,3 millions d’euros de ventes, soit 40% de plus par rapport à 2016. Les maisons moins importantes ne sont pas en reste, comme Aguttes et ses 45 millions d’euros générés par les ventes.

"Salvator Mundi" de Leonardo Da Vinci a été peinte autour de 1500 et est la toile la plus chère du monde vendue à plus de 450 millions de dollars.

Salvator Mundi, autour de 1500 © Leonardo Da Vinci

La nouvelle présence des plateformes de ventes en ligne

La multiplication des plateformes de ventes en ligne participe également au gonflement des revenus et ont généré, en 2017, 3,27 milliards  de dollars. Néanmoins, ces bénéfices sont en majorité réalisés par les grandes maisons de ventes aux enchères qui ont ouvert une section en ligne. Par ailleurs, seuls les Artistes reconnus et confirmés trouvent des acheteurs en ligne. Enfin, selon le rapport Hiscox Art, 51% des acheteurs sont encore réticents à l’idée d’acheter une oeuvre en ligne sans l’avoir vue physiquement. Par ailleurs, seulement 28% des galeries offrent la possibilité d’acheter des œuvres en ligne. Cela s’explique notamment par la réticence face à un système basé sur le “click and buy”. Cela a pour effet de remettre en question l’interaction entre l’acheteur et le vendeur. En revanche, près de 41% des galeries passent par des plateformes de ventes dédiées. Cette lente adaptation provient également du fait que peu d’Artistes émergents vendent en ligne. Le lien humain et le contact physique avec une oeuvre restent irremplaçables.

Cette photographie de jpvargas représente un graffiti portrait de l'Artiste Jean-Michel Basquiat.

Jean-Michel Basquiat © jpvargas

Les partie haute du marché de l’Art favorisée, l’immense majorité laissée pour compte

Les records enregistrés par le marché de l’Art en 2017 concernent essentiellement la partie haute du marché à savoir ses acteurs les plus fortunés et reconnus. Plusieurs facteurs renforcent ce constat. En effet, la nouvelle fiscalité du Président américain Donald Trump avantageant le capital sur la propriété, cela permet aux plus riches de s’enrichir d’avantage. Ainsi, ce sont avant tout les acteurs les plus fortunés du marché de l’Art qui vont en profiter. Les familles les plus riches vont donc continuer d’investir dans les Artistes ayant déjà pignon sur rue dans le Marché de l’Art. C’est ce qu’affirme Mac MacLellan Vice-Président exécutif de Northern Trust. Wendy Cromwell, Conseillère Artistique à New York  dénonce le fait que l’Art ne se définit plus que par la partie haute du marché. En effet, elle rappelle que la majorité silencieuse des collectionneurs et galeries émergentes possèdent des œuvres d’Artistes dont la valeur est désormais inférieure à celle d’origine. Or, ce sont ces acteurs qui forment la base solide sur laquelle repose l’ensemble du marché. Art-Trope accompagne les Artistes du monde entier sur le long terme et assure aux lieux d’exposition comme aux collectionneurs, la pérennité de la valeur des Artistes.

Lisez notre article sur l’impact des nouvelles fiscalités française et américaine sur le marché de l’Art ici.

Sources: The New York Times, Hiscox Art, The Huffington Post et Connaissances des Arts