• 3 Avr 2018

Alors que le mastodonte qu’est Art Basel Hong Kong vient de se terminer sur une vente de 35 millions de dollars, d’autres événements artistiques s’éteignent. C’est le cas de la Biennale de Montréal qui, faute d’avoir réussi à équilibrer son budget depuis 2016, a dû déposer le bilan. Elle ferme ses portes après 20 ans d’existence.

Homme poussant un boule géante avec le signe dollars

© Pixabay

Une Biennale ambitieuse

La première édition de la Biennale de Montréal s’est tenue en 1998, à l’initiative du Centre international d’Art contemporain de Montréal (CIAC). Ainsi, elle se donne alors pour mission de “stimuler, produire, interpréter et diffuser les pratiques d’arts visuels les plus actuelles.” En effet, l’expérimentation a toujours fait partie de l’ADN de l’événement bisannuel. C’était également l’occasion d’offrir aux Artistes québécois et canadiens un événement international d’envergure. L’idée était de favoriser les échanges et l’audace artistique. En 2013, la Biennale est devenue un organisme à but non lucratif indépendant. A la suite de son nouveau statut, l’organisme monte un partenariat important avec le Musée d’Art contemporain de Montréal (MAC). Le choix de ce musée n’est pas anodin puisqu’il avait produit avec succès deux éditions de la Triennale québécoise.

Palette de couleurs

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Des difficultés financières récurrentes

Bien que l’annonce de la banqueroute de la Biennale de Montréal soit une triste nouvelle pour le monde de l’Art, cela n’est pas une surprise. En effet, déjà en 2013, l’édition a dû être reportée en raison de restrictions budgétaires. De même, six mois après l’édition 2016, il a été confirmé que des Artistes et des prestataires n’avaient toujours pas été payés pour leur travail. Cédric Bisson, Président du Conseil d’Administration, avait reconnu dans une annonce, que la situation financière de l’événement était “précaire”. Dans ce contexte, il a été décidé d’annuler l’édition 2018 de la Biennale de Montréal, laissant ses créditeurs dans une situation délicate. Le 9 février 2018, cela devient insoutenable, et l’organisation dépose le bilan. Le montant de la dette est d’environ 179 000 dollars.

Une banqueroute sensible

Les documents révélés font état d’une liste de 33 créditeurs dont des entreprises canadiennes de livraison et de stockage. Ainsi, PACART, société canadienne dédiée au transport et au stockage d’œuvres d’Art, attend le règlement de ses 67 000 dollars de contrat. En charge de la liquidation, Deloitte Restructuring Inc a précisé que la Biennale a pu être la victime collatérale d’un environnement où le mécénat est hautement compétitif.  “Depuis 2016, la Biennale n’a pas été en mesure d’avoir l’équilibre budgétaire nécessaire pour produire ses événements” a déclaré Deloitte. Le financement d’événements culturels et artistiques par la philanthropie est de plus en plus délicat face à une demande qui ne cesse de croître. Le rôle de Deloitte est désormais d’examiner à la loupe les livres de compte afin de mettre au jour les raisons de la banqueroute. La procédure ne devrait prendre que quelques semaines. C’est là une bien triste nouvelle pour une Biennale qui, comme l’avait déclaré Alexandre Taillefer, le Président du Conseil d’Administration du Musée d’Art contemporain de Montréal, était “l’une des 20 ou 25 Biennales à voir absolument à travers le monde.”

Vue de Montréal au Canada

Montréal, Canada © Pixabay

 

Lisez notre article sur la vente à 35 millions de dollars réalisée durant Art Basel Hong Kong ici.

Sources: Artnet et BNLMTL