• 24 Avr 2018

Depuis quelques années, les plus grands musées du monde se sont dotés de programmes surprenants. Ils offrent à leurs visiteurs la possibilité de combiner leurs activités physiques et culturelles. Nouvelle relation aux œuvres des collections pour certains, outil de diversification des publics pour d’autres, les musées poussent leurs limites.

Femme en méditation

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Une tendance récente pour un impact durable sur la santé

Les études sur l’impact positif des visites culturelles dans les musées ne manquent pas. En effet, déjà en 2011 l’Arts Impact Fund britannique montrait que les personnes ayant le plus fréquenté les institutions culturelles et ayant été le plus en contact avec l’Art pendant les 12 derniers mois sont plus de 60% à se sentir en bonne santé comparativement aux autres. Néanmoins, la pratique d’activités physiques, avec notamment le boom du Yoga et autres disciplines asiatiques, n’est que très récente. Elle apparaît d’abord en Amérique du nord où déjà, en 2014, le Brooklyn Museum ou encore le Rubin Museum de New York proposaient des séances de Yoga au milieu de leurs collections d’œuvres d’Art. Ainsi, là où de telles séances n’accueillaient généralement qu’une quarantaine de participants, celles organisées par les musées recevaient jusqu’à 500 personnes. Alicia Boone, responsable du programme adultes du Brooklyn Museum a récemment déclaré: “Nous proposons des programmes qui cultivent une profonde et pertinente connexion avec les œuvres d’Art. En nous rejoignant au Musée pour ce programme régénératif, vous pouvez vous reconnecter avec vous même et votre esprit dans un cadre magnifique et conventionnelle. Ce sont là des souvenirs qui peuvent laisser une marque pour la vie.”

Ouvrir les musées pour diversifier les publics

L’idée d’introduire des disciplines autrefois exclues des espaces d’exposition est également d’offrir un accès à la culture moins élitiste. Surprendre les habitués et attirer de nouveaux venus sont les principaux objectifs de ces initiatives. Cette pratique d’origine américaine s’est vite propagée dans les autres capitales mondiales. Ainsi, le Musée Guimet à Paris, le Louvre-Lens, le Palais de Tokyo et bien d’autres, proposent une multitude de classes de Yoga, Pilates, Qi Gong et autres disciplines. Miryam Pol à l’initiative du projet de cours de Pilates au Louvre-Lens, a déclaré à Beaux-Arts Magazine: “la métamorphose des esprits par la rencontre des œuvres accompagne délicatement celle des corps grâce au Pilates.” Du côté du Palais de Tokyo, Maud Chuffart, fondatrice de The Yoga House, a mis en place une série de cours de Yoga Iyengar qu’elle utilise pour “préparer” le corps à l’exposition. En invitant les visiteurs à se déconnecter du monde, il s’agit de créer un nouveau cadre pour voir les œuvres autrement.

Galerie d'un musée

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Du Yoga au détox: le projet du Centre Pompidou

Le Centre Pompidou à Paris a lancé au mois d’avril dernier, les matinées Art Detox. Le concept, limité dans le temps, est de découvrir une oeuvre en trois temps. D’abord avec une série de postures tirées du Do-in Shiatsu suivie d’une séance d’auto-massage et de relaxation. Enfin, l’activité se conclut sur la dégustation de créations du chef Alain Passard, l’étoilé du restaurant l’Arpège. Les participants terminent leur expérience par une conférence inédite d’un historien de l’Art. Le décloisonnement des musées n’est pas nouveau mais semble en phase d’accélération. Cependant, les différentes initiatives recensées restent majoritairement celles des grandes institutions des puissances les plus riches du monde. De même, l’accès aux activités demeure payant. Comptez ainsi 10 à 14 dollars pour une séance de Yoga dans le Brooklyn Museum et entre 18 et 20 Euros pour une matinée Détox au Centre Pompidou à Paris.

Homme tenant un citron

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Lisez notre article sur l’essoufflement du marché de la Photographie ici.

Sources: Beaux-Arts Magazine, Museum.com et Le Centre Pompidou