• 4 Mai 2018

La Directrice du Brooklyn Museum envoie un message fort au monde de l’Art. En effet, le musée a acquis pas moins de 96 œuvres réalisées par des Artistes femmes contemporaines. Il s’agit d’assurer le développement d’un héritage vivant de la pratique artistique par les femmes.

Brooklyn Museum à New York

Brooklyn Museum © Pixabay

La promotion des Artistes femmes au Brooklyn Museum

Ces quelques dernières années ont été marquées par la multiplication d’expositions et de programmes ciblés notamment sur la place des femmes dans l’Histoire de l’Art organisés par le Brooklyn Museum. Art-Trope avait d’ailleurs publié un article à ce sujet en revenant sur l’initiative de la ville italienne de Florence en faveur des femmes Artistes de la Renaissance. S’agissant du Brooklyn Museum, octobre 2016 était le mois de lancement du programme “Year of Yes: Reimagining Feminism.” Ainsi, le musée affirmait sa volonté de donner une perspective nouvelle sur la place des femmes Artistes dans l’Histoire. Le programme en question était alors accompagné d’une exposition dédiée à Georgia O’Keefe. De même, l’exposition “Radical Women” plaçait sous les projecteurs les œuvres de 123 Artistes latino-américaines issues de 15 pays différents. La Directrice du musée, Anne Pasternak, est à l’origine de la décision d’acquérir 96 œuvres d’Artistes femmes contemporaines.

Femme peignant sur une toile

© Pexels

Une décision politique et économique

Le Musée de Brooklyn est la troisième institution culturelle de New York en terme d’espace. Sa collection est colossale avec près de 1,5 millions d’œuvres. Néanmoins, son budget opérationnel est limité à 36 millions de dollars annuels. La concurrence est rude avec son homologue du Metropolitan Museum of Art. De plus, la récente nomination de Max Hollein, personnalité reconnue pour sa pugnacité dans la politique de levées de fonds, risque de peser dans la balance. Art-Trope a écrit un Article dédié à ce nouveau Directeur de l’une des plus grandes institutions du monde. Ainsi, en comparaison, le mastodonte de Manhattan reçoit 43 millions de dollars annuels rien qu’avec ses entrées qui ne constituent que 14% du budget opérationnel selon le Financial Times. La nomination d’Anne Pasternak en 2015 a été suivie de l’ajustement d’une politique de collection. Cette dernière avait d’ailleurs affirmé “en ce moment, nous travaillons à la mise en place d’une stratégie de collection qui nous permettrait d’avoir une plus valu dans une ville à fort potentiel de collectionneurs. Nous regardons du côté des secteurs où les autres acteurs sont encore en retard et où de grandes pièces sont encore accessibles pour nous.”

Une Directrice engagée pour le questionnement de l’identité

Dès sa nomination en 2015, Anne Pasternak avait suscité la polémique. En effet, cette dernière avait décidé de ré-accrocher la partie américaine de la collection du musée se focalisant sur les problèmes identitaires. Elle avait alors déclaré: “nous n’avons pas de compréhension de qui est américain. Nous devons le définir.” De même, Nona Faustine, Artiste afro-américaine contemporaine a déclaré “ce que les femmes Artistes veulent le plus, c’est être visibles.” Cet engagement fort s’accompagne d’une volonté de faire sortir le musée de son aspect statique. Ainsi, l’objectif est de donner aux visiteurs des raisons de revenir. Avant d’arriver à la tête du musée, Anne Pasternak a dirigé de 1994 à 2015 l’organisation à but non lucratif Creative Time qui s’est illustrée notamment par la mise en scène de l’invasion de Grand Central par Nick Cave avec son troupeau de chevaux décorés. La Directrice a donc pu faire l’expérience de la réaction du public à l’Art. Ses décisions ont permis à la fréquentation du musée d’augmenter de près de 52% depuis son arrivée. Néanmoins, sa récente décision de nommer une femme blanche, Kristen Windmuller à la tête du département d’Art afro-américain a mis en colère de nombreuses associations locales.

Jeune femme noire

© Pixabay

 

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Sources: The Financial Times et le Brooklyn Museum