• 14 Fév 2018

Cela fait plusieurs années que le Centre Pompidou n’a de cesse de s’internationaliser. Après l’Espagne et la Belgique, c’est au tour de la Chine d’accueillir prochainement une antenne du musée parisien d’Art moderne et contemporain sur son sol. Quels en sont les enjeux ?

Cette image de Pexels représente une vue nocturne de la vielle de Shanghai en Chine.

© Pexels

Une intense volonté d’internationalisation

La politique d’internationalisation du Centre Pompidou s’est considérablement intensifiée ces dernières années. Alors que l’institution parisienne fêtait son 40ème anniversaire, ce fut l’occasion de revenir sur sa présence internationale et ses grands chantiers à venir. En effet, Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou, avait déclaré : « le pari de la décentralisation a été réussi, avec 75 événements dont 50 expositions dans 40 villes ». Néanmoins, cette décentralisation ne se limite pas au territoire français. Effectivement, l’institution a fait le pari de s’exporter à l’international avec des projets d’envergure. Ainsi, le Centre Pompidou a-t-il ouvert une antenne andalouse à Malaga en 2014, mais également à Bruxelles, en Belgique, à partir de 2022, sur une surface de près de 15 000 m2. La Chine était donc la prochaine étape d’internationalisation du musée parisien. Une implantation à Séoul est en discussion.

Cette photographie d'Adrian Scottow représente le nouveau Centre Pompidou ouvert à Malaga en Espagne en 2014.

Centre Pompidou, Malaga, Espagne © Adrian Scottow

La visite présidentielle française en Chine pour sceller l’accord

Le Président Emmanuel Macron s’est rendu le 9 janvier 2018 en Chine afin de discuter d’accords franco-chinois avec son homologue Xi Jinping. Cela s’est conclu sur la confirmation de l’ouverture, d’ici le printemps 2019, du Centre Pompidou à Shanghai. En effet, cela fait suite à des négociations entamées par le musée parisien en 2017. Ainsi, le protocole d’accord avait déjà été signé à l’été 2017 avec le West Bund Group, entité publique chinoise. Serge Lasvignes, Président de l’institution avait déclaré en septembre 2017: “le Centre Pompidou Shanghai West Bund devrait ouvrir début 2019. Il y a une dimension d’échange dans cet accord, pour mieux nous connaître et montrer la scène chinoise à Paris”. Si l’idée était déjà dans les tuyaux, sa réalisation s’est concrétisée avec la déclaration conjointe du Président français Emmanuel Macron et chinois Xi Jinping sur l’implantation du Centre à Shanghai.

Cette photographie prise par Nikolai Karaneschev est une vue de la façade du Centre Pompidou à Paris.

Centre Pompidou, Paris, France © Nikolai Karaneschev

Les enjeux du futur musée

Prévu au printemps 2019, le nouveau Centre Pompidou shanghaien devrait être accueilli dans un édifice de 25 000 m2 dont l’architecture a été confiée à David Chipperfield. Selon Serge Lasvignes “l’objectif est de faire dialoguer l’art contemporain en Chine et en Occident”. Ainsi, un partenaire local en assurera la gestion, tandis que le musée prêtera ses œuvres à l’occasion des expositions. La première tentative d’internationalisation à Malaga doit durer 5 ans. L’idée est donc de décliner le concept à Shanghai. Cependant, il s’agit bien d’un projet culturel spécifique car il s’agit de repérer les Artistes de demain sur la scène chinoise et lui donner plus d’ampleur à Paris. De plus, cela permettra au Centre Pompidou de valoriser ses collections d’Art Moderne et Contemporain qui restent le plus importantes du monde après celles du MoMA à New York.

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Sources : Le Monde, Les Echos, et Le Figaro