• 26 Avr 2018

Du 10 avril au 15 juillet 2018, le Musée du Quai Branly à Paris vous invite à ouvrir les portes asiatiques de l’enfer. L’exposition “Enfers et Fantômes d’Asie” explore la figure du fantôme et la place de l’horreur en Asie à travers l’Art religieux, le cinéma, la création contemporaine ou le encore le Manga.

Femme à la manière d'un fantôme asiatique

© Pexels

Les fantômes “superstars” d’Asie

“C’est une exposition qui a été conçue un peu comme un film (…) sur les fantômes superstars d’Asie” a précisé Julien Rousseau, le Commissaire de l’exposition dans une interview accordée aux Inrocks. En effet, il s’agit de partir des représentations les plus anciennes des enfers et des revenants des cultures locales d’Asie du sud est et Orientale pour mieux comprendre ses déclinaisons contemporaines. Les fantômes les plus présents dans l’exposition restent cependant contemporains car très représentés dans le théâtre et le cinéma. Néanmoins, les peintures bouddhiques et les estampes du maître japonais Hokusaï sont également présentes. Cette base artistique et historique permet à l’exposition de développer sa perspective sur l’évolution des représentations asiatiques de l’horreur. Ainsi, elle s’apparente à un enfer dans sa signification bouddhique à savoir un rite de passage. “Les enfers dans le bouddhisme correspondent plutôt au concept du Purgatoire (…). On n’y reste pas éternellement” précise Julien Rousseau.

Le Spectre d'Oiwa-san en 1831-1832 par Hokusaï

Le Spectre d’Oiwa-san, 1831-1832, Hokusaï © Sailko

De multiples entrées artistiques pour des fantômes aux multiples facettes

L’exposition couvre volontairement un spectre très large de média artistiques dans la représentation des fantômes en Asie. Si les estampes sont majoritairement des portraits de personnages fantômes dans le théâtre Kabuki, la peinture de fantômes quant à elle apparaît au XVIIème siècle. En effet, sont illustrées sur des rouleaux des histoires de fantômes pour des séances de spiritisme. Parmi les pièces maîtresses de l’exposition se trouve une toile de l’Artiste thaïlandais Anupong Chantorn qui critique les dérives rencontrées par le Bouddhisme. “Cette toile, réalisée sur un assemblage de robes monastiques, reprend le thème des moines damnés et l’iconographie du revenant affamé pour critiquer les dérives commerciales de la religion bouddhiste aujourd’hui en Thaïlande. (…) Cette exposition essaye aussi de donner l’interprétation des Artistes eux-mêmes sur les fantômes de leur propre culture” explique Julien Rousseau.

Oiwa sortant d'une lanterne par Kuniyoshi

Oiwa sortant d’une lanterne © Kuniyoshi

Le renouveau des fantômes asiatiques par la culture populaire

Au milieu du XXème siècle, les Yokaï ou monstres et fantômes retrouvent leurs lettres de noblesse grâce au Manga. En effet, à la fin de l’ère Eddo, ils avaient quasiment disparu des représentations artistiques. Les Artistes avaient alors délaissé ce thème avant qu’il ne soit réintroduit des siècles plus tard via la culture populaire. La figure du fantôme évolue peu à peu et se dédouble. Elle n’est plus seulement synonyme d’angoisse. En effet, l’idée d’un fantôme bénéfique est de plus en plus présente dans son image contemporaine. Il s’agit pour l’exposition de permettre à un public plus habitué à la culture occidentale de comprendre d’avantage la signification profonde des revenants et des enfers en Asie. C’est pour mieux mettre en lumière toute la diversité des formes culturelles des représentations des fantômes d’Asie, que le Musée du Quai Branly a conçu un parcours audioguidé en son 3D.

Lisez notre article sur la nouvelle exposition de la galerie des Gobelins sur la tapisserie ici.

Sources : Les Inrocks, France Culture et Le Monde