• 5 Avr 2018

The European Fine Art Fair (Tefaf), rendez-vous immanquable des collectionneurs d’Art antique, moderne et de design, se retrouve sous le feu des projecteurs. En effet, nombreux sont ceux qui dénoncent la place trop minime accordée aux femmes dans son organisation.

Montée en puissance des femmes dans la société

© Pixabay

La lente évolution de l’accession des femmes au Tefaf

La foire d’Art habituée des collectionneurs de renom et des chefs-d’oeuvre des Grands Maîtres se veut innovante. Tout du moins, c’est ce que ses organisateurs avaient mis en avant au moment de son édition 2018. Art-Trope avait d’ailleurs traité la question de la nouvelle génération de marchands d’Art, plus jeune et plus encline à l’utilisation du digital dans leur travail. Néanmoins, si l’on regarde derrière la scène, le constat est sans appel. Les femmes demeurent largement sous-représentées au sein de l’organisation. En trois décennies, l’effectif féminin de la foire est passé de zéro à seulement deux femmes: Marina Kellen French et Heidi McWilliams. Bien entendu, cela n’est que le reflet du milieu des marchands d’Art qui reste encore dominée par la gente masculine.

Le milieu des marchands d’Art toujours dominé par les hommes

The Art Newspaper a posé la question de la place des femmes au sein des marchands d’Art et au Tefaf à Patrick van Maris, Président de la foire. Le déséquilibre existant “est une question qui doit trouver une réponse de la part de la population des marchands d’Art. Peut-être que c’est juste un milieu dominé par les hommes. Espérons [qu’il y ait des améliorations]” a répondu Patrick Van Maris. Cependant, ce dernier a également précisé: “je pense qu’il est très sain d’avoir des femmes dans le comité. Mais il y a un système de rotation; cela prendra du temps.” Malgré cette annonce, les cinq nouvelles nominations de Janvier au sein du comité n’ont concerné que des hommes. Désormais, il y a deux femmes pour 22 hommes.

Stand 306 Colnaghi au Tetaf 2018

Colnaghi, stand 306 © Natascha Libbert

Les femmes galeristes et marchandes d’Art: une acceptation difficile

Pendant des décennies, de nombreuses galeristes femmes ont travaillé sous le nom de galeries masculins, souvent utilisant le nom de leurs époux. Malgré l’évolution de la société et le combat pour l’égalité des sexes, elles sont encore une minorité à vendre des toiles de Grands Maîtres en leur nom propre. L’une des exposantes de la Tetaf s’est confiée au journal The Art Newspaper. Cette dernière parle d’une réunion qu’elle a eu où 15 exposants présents dans l’assemblée étaient tous des hommes blancs, lui posant des questions. “Peut-être sans surprise, la plupart des questions venaient des femmes” a-t-elle affirmé. Il y a, selon elle, de la part de ses pairs un biais implicite. En effet, il y  un préjugé sur la manière dont les femmes vont parler et être perçues part le secteur et le public. Cela demeure un obstacle pour les postes senior. Une telle situation doit évoluer avec sont temps et cela demande un effort de part et d’autre de l’échiquier des marchands d’Art.

Stand 181, Alberto di Castro au Tetaf 2018

Alberto di Castro, stand 181 © Natascha Libbert

 

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Sources: The Art Newspaper et le Tefaf