• 11 Mai 2018

A la suite de la visite en France du 9 avril 2018 du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohamed ben Salmane, un accord historique s’est conclu entre les deux pays. Axé autour du développement du site archéologique d’Al Ula, il comprend également un large éventail d’initiatives culturelles communes. Plusieurs milliards d’euros sont en jeu.

Al Ula en Arabie Saoudite

Al Ula, Arabie Saoudite © Sammy Six

Un accord de plusieurs milliards d’euros

L’accord est un document de 20 pages auquel The Art Newspaper a eu accès et en révèle les détails. S’étalant sur dix ans, le marché conclu entre les deux nations donne à la France un rôle exclusif dans une zone archéologique presque aussi grande que la Belgique. C’est également un moyen pour le Prince d’Arabie saoudite de promouvoir sa vision du pays d’ici 2030 ainsi que son ouverture. La zone de l’accord est la région d‘Al-Ula, dans laquelle se trouve le site archéologique d’Al-Hijr. Classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO depuis 2008, la région n’est pour l’instant visitée que par certains privilégiés. Situé au nord-est de l’Arabie saoudite, cette zone renferme des canyons somptueux ainsi que des tombes sculptées à même la roche. Des ruines de l’occupation romaine se mêlent au paysage. L’idée de cette collaboration a émergé après l’ouverture du Louvre Abu-Dhabi alors que le Prince Mohammed bin Salman Al Saud avait évoqué son projet Neom. Cette immense ville technologique de 500 milliards de dollars devrait être construite sur la frontière entre l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie.

Ville de Al Ula en Arabie Saoudite

Al Ula, Arabie Saoudite © Pteropus conspicillatus

Les principales mesures inclues dans l’accord

Afin de développer au plus vite les capacités touristiques du site archéologique saoudien, une série de mesures sont prévues par l’accord. Le Louvre sera le principal partenaire culturel. Le Musée National des Arts Asiatiques-Guimet ainsi que les services de l’archéologie française seront également mobilisés. Un Institut Français verra le jour à Al-Ula et l’Institut du Monde Arabe à Paris accueillera une exposition sur la région l’année prochaine. Sur le terrain, la France sera chargée entre autre de protéger les tombes et conduire de nouvelles fouilles. En effet, l’objectif est également de construire un musée dédié à l’archéologie. Néanmoins, toutes le mesures devront respecter les normes mises en place l’Unesco. Ainsi, le respect des paysages est essentiel dans la conduite de l’accord. L’idée générale du texte est de fournir un ensemble d’outils permettant de bâtir une politique touristique, culturelle, universitaire et environnementale dans l’ensemble de la région. Tout cela est parfaitement aligné avec le projet Neom du Prince saoudien.

Al Ula en Arabie Saoudite

Al Ula, Arabie Saoudite © Pixabay

Le soft power français en plein boom

En juillet 2017, SoftPower30 a publié un rapport qui place la France au premier range des pays les plus influents du monde en termes de “soft power.” Cette capacité d’influence est convoitée alors que Paris reste la première destination touristique du monde. L’accord de 2007 actant la création du Louvre Abu Dhabi symbolise l’attractivité de l’expertise française en matière de politique culturelle. De même, la France est l’un des rares pays à disposer d’un ministère dédié à la culture hérité d’André Malraux en 1959. Par ailleurs, les principales institutions culturelles françaises sont devenues de véritables marques internationales. En effet, le Centre Pompidou ouvre de plus en plus d’antennes comme Art-Trope l’avait évoqué dans un article. Le Château de Versailles continue d’attirer des millions de visiteurs tout comme le Musée d’Orsay. Les atouts français sont nombreux mais leur valorisation reste encore à développer. Des disparités existent dans les modes de financement et approches des institutions culturelles. Alors que le pouvoir change peu à peu de main dans les principaux musées des Etats-Unis, la France a encore du chemin à parcourir.

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Sources: The Art Newspaper et Les Echos