• 15 Mar 2018

Pendant plusieurs siècles, la ville de Paris a tenu la place de la capitale artistique mondiale. En effet, les Artistes du monde entier, alors fascinés par l’effervescence créative de la Ville lumière, affluaient en masse pour s’y installer. La Artistes hollandais ne font pas exception à la règle. De 1789 à 1914, ils ont été plus d’un millier à se rendre à Paris. C’est ce dialogue artistique entre la France et les Pays-Bas que le Petit Palais met à l’honneur dans sa dernière exposition.

Cette toile du peintre hollandais George Hendrik Breitner s'intitule le Kimono Rouge et a été réalisée en 1893.

Le Kimono rouge, 1893 © George Hendrik Breitner

Le dialogue artistique franco-hollandais: des liens séculaires

L’exposition “Les Hollandais à Paris, 1789-1914” qui se tient du 06 février 2018 au 13 mai 2018 au Petit Palais est organisée en partenariat avec le Musée Van Gogh d’Amsterdam. L’objectif est de mettre en lumière les liens étroits qui n’ont cesser d’unir les Artistes français et hollandais, tant sur le plan esthétique qu’amical. Ainsi, le cadre temporel choisi s’articule entre le début du règne de Napoléon 1er et le début du XXème siècle. En effet, dès le début du XIXème siècle, et en particulier à partir de 1850, la Hollande fait l’expérience d’un phénomène particulier. Des milliers d’Artistes en quête d’inspiration quittent le pays pour s’établir, pour la majorité, à Paris. Le dynamisme artistique de la ville rayonne alors par delà les frontières de l’Europe. Ainsi, de grandes figures hollandaises comme les Artistes Jacob Maris et Breitner ont permis l’émergence de nouvelles idées à leur retour dans leur pays natal.

Les apports hollandais aux Artistes français

Parmi les nombreux Artistes hollandais ayant émigré en France, certains ont une une influence prépondérante sur les thématiques artistiques et orientations des Artistes français. En effet, au delà de la figure tutélaire de Van Gogh, Jongkind par exemple, ont inspiré leurs homologues français par les couleurs et thèmes employés. Afin de rendre compte de ces interactions fécondes, près de 115 œuvres ont été empruntées aux plus importants musées des Pays-Bas ainsi qu’à d’autres institutions européennes et américaines. Le choix des commissaires de l’exposition reflète la volonté de célébrer l’amitié franco-hollandaise. En effet, Mayken Jonkman, conservatrice en chef du RKD – Institut Néerlandais d’Histoire de l’Art à la La Haye ainsi qu’Edwin Becker, conservateur en chef des expositions du Musée Van Gogh d’Amsterdam et Stéphanie Cantarutti, conservatrice en chef au Petit Palais et Christophe Leribault, Directeur du Petit Palais ont été en charge de la scénographie de l’exposition.

Cette toile du peintre hollandais George Hendrik Breitner s'intitule la Boucle d'oreille et a été réalisée en 1893.

La Boucle d’oreille, 1893 © George Hendrik Breitner

Les impertinents de l’exposition

Le parcours chronologique de l’exposition comporte des Artistes aussi divers que talentueux. Aux grandes figures historiques telles que Vincent Van Gogh et Jacob Maris, d’autres personnalités encore plus impertinentes s’ajoutent à l’exposition. En effet, George Hendrik Breitner (1857-1923), par exemple, apparaît comme l’un des enfants terribles de l’exposition. C’est l’un des rares Artistes a avoir importé l’Impressionnisme dans son pays natal pour en devenir l’une des icônes. Inspiré par Edgar Degas et ses danseuses, il s’amuse à casser les codes de la peintures hollandaises en réalisant une série de jeunes filles en kimono dans des poses lascives dans des décors d’inspiration exotique. Du côté de Piet Van der Hem (1885-1961), ce sont les nuits parisiennes qui sont les objets de fascination. En effet, obtenant une bourse royale en 1907, il étudie pendant un an dans un atelier de Montmartre. Ses compositions montrent toute l’effervescence de la foule parisienne et la folie nocturne de la Ville lumière.

Cette toile du peintre hollandais Piet Van der Hem s'intitule Le Moulin Rouge et a été réalisée entre 1908 et 1909.

Le Moulin Rouge, 1908-1909 © Piet Van der Hem

 

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Sources: Petit Palais et Beaux-Arts Magazine