• 1 Fév 2018

Le rapport d’Art Basel et UBS publié au dernier trimestre 2017 place la Chine en troisième position dans le marché international de l’Art. Bien que les Etats-Unis et le Royaume-Uni caracolent en tête du classement, la Chine représente en 2017 près de 20% du volume total des ventes aux enchères, soit 57 milliards de dollars sur le secteur. Quels sont les enjeux de cet acteur majeur du marché mondial de l’Art ?

Cette image de Pexels représente une statue de dragon asiatique.

© Pexels

Une ascension fulgurante

En 2007, la Chine ne représentait que 9% des ventes sur le marché de l’Art selon le rapport d’Art Basel. Cependant, deux ans plus tard, ce même pourcentage passe du simple au double. Le pic est atteint en 2011 avec près de 30% avant que les Etats-Unis ne reviennent sur le devant de la scène. Ainsi, en 2017, c’est le marché asiatique qui, pour la première fois, s’est imposé en leader des ventes d’œuvres d’Art tant modernes que contemporaines. Bien que l’acheteur du tableau le plus cher du monde fut le prince d’Arabie Saoudite, la toile de Leonard Da Vinci « Salvator Mundi », a d’abord fait un tour du côté de Hong Kong. Ainsi, cela souligne l’importance significative de la Chine dans le marché de l’Art.

Une attention particulière pour l’Art chinois classique et les grands maîtres

La Chine a perdu une partie considérable de ses trésors artistiques en raison de son histoire. Néanmoins, l’élite chinoise contemporaine, qui a vu ses revenus augmenter, rachète peu à peu ces œuvres perdues. Ainsi, de grands Artistes du 20ème siècle tels les peintres Qi Baishi, Xu Beihong et Zhang Daqian sont de plus en plus convoités. En effet, le 18 décembre 2017, lors d’une vente aux enchères à Beijing, une collection de 12 paysages de Qi Baishi a été vendue pour près de 171 millions de dollars. De même, selon Artprice, en 2017, l’Artiste Zhang a généré près de 31 millions de dollars de plus aux enchères que les ventes de Pablo Picasso.

Cette oeuvre de l'Artiste chinois Qi Baishi s'intitule "Stealing the Wine Vat" et a été réalisée avant 1957.

“Stealing the Wine Vat”, fin du XIXème siècle © Qi Baishi

La Chine et l’Art contemporain

L’influence des investisseurs chinois sur le marché de l’Art contemporain est moins évidente à mesurer. En effet, même si de grands Artistes tels Cui Ruzhuo ou Yayoi Kusama continuent de vendre des œuvres à plusieurs millions de dollars, l’investissement chinois se porte rarement sur de nouveaux Artistes émergents. Les questions que se posent les investisseurs asiatiques diffèrent quelque peu des européens. Effectivement, l’importance des matériaux utilisés par les Artistes jouent un rôle plus important. Il s’agit là de la traduction de l’inquiétude pour une œuvre plus difficile à revendre en raison de l’impermanence de sa matière première. Ce fut le cas par exemple de l’Artiste Yeoh Wee Hwee dont les sculptures sont réalisées en scotch. Ainsi, l’Artiste a déclaré à CNBC : « Au Royaume-Uni, cette question n’est jamais posée, alors qu’en Asie et en Chine, l’on me demande souvent pourquoi mes matériaux ne durent pas. »

Cette photographie représente une sculpture de Yayoi Kusama à l'occasion de la Biennale de Singapour en 2006.

Biennale de Singapour, 2006 © Yayoi Kusama

 

Lisez notre article sur le sculpteur Minh Châu, Artiste Art-Trope, sélectionnée à l’édition 2018 d’Art Capital au Grand Palais ici.

Source: CNBC