• 6 Avr 2018

Art-Trope a assisté au vernissage de l’exposition Artistes et Robots qui se tient au Grand Palais jusqu’au 9 juillet 2018. Du robot outil de l’Artiste à l’androïde Artiste, il s’agit d’explorer la relation qui unit l’Art à la technologie. Après vous avoir fait vivre l’expérience à travers les réseaux sociaux, Art-Trope revient plus en détails sur l’exposition.

Oeuvre de Miguel Chevalier intitulée Extra-Natural et réalisée en 2018

Miguel Chevalier, Extra-Natural, 2018 © Art-Trope

Une exposition expérimentale

Conçue par Laurence Bertrand Dorléac, historienne de l’Art et professeur à Sciences po et Jérôme Neutres, directeur de la stratégie et du développement à la Réunion des Musées Nationaux, l’exposition est une invitation à l’expérimentation. Sont mélangées des œuvres créées par les Artistes à l’aide de robots et des humanoïdes comme alter ego des Artistes. La trentaine d’œuvres réunie entend construire un monde virtuel et interactif dans lequel le visiteur trouve ses propres repères. C’est aussi l’occasion de poser la question du rapport des Artistes à un monde de plus en plus tourné vers la technologie. Ainsi, la question de l’acte de création même est posée. L’exposition s’ouvre très justement sur une citation de l’Artiste Nicolas Schöffer, l’un des principaux acteurs de l’Art cinétique et de l’Art cybernétique. “Désormais, l’Artiste ne crée plus une oeuvre, il crée la création” explique l’Artiste.

Oeuvre de Nicolas Schöffer intitulée CYSP1 et réalisée en 1956

Nicolas Schöffer, CYSP1, 1956 © Art-Trope

Du robot outil au robot Artiste

Les rapports qu’entretiennent les Artistes et les robots ont toujours été ambigus. De la fascination à la méfiance, les robots nourrissent tous les fantasmes. C’est d’autant plus vrai dans une société ou des logiciels de plus en plus puissants sont à disposition du public et des Artistes. Le début de l’exposition s’attache à montrer un robot au service de l’Artiste. Dès la première salle, le robot de Nicolas Schöffer intutlé CYSP1 et réalisé en 1956 nous fait entrer dans la danse. Cette oeuvre autonome projette des ombres colorées dans l’espace en interaction permanente avec son environnement. Par ce biais, l’Artiste ouvre une porte vers une quatrième dimension, celle du temps. Plus l’on avance dans l’exposition, et plus le robot s’autonomise pour devenir lui même créateur. En effet, le double humanoïde de l’Artiste Orlan flanqué de deux installations vidéo, conclut l’exposition sur la voix de l’Artiste. Le robot clame des slogans féministes et pacifistes sur les travers de notre société.

Oeuvre de So Kanno et Takahiro Yamaguchi

So Kanno et Takahiro Yamaguchi © Art-Trope

La nouvelle ère de l’Art robotique

L’avènement de l’Art numérique est relativement récent. Les thèmes qu’il aborde en revanche restent globalement inchangés: rapports de l’Homme à la nature, acte de création. C’est le cas de la forêt numérique en réalité virtuelle de l’Artiste Miguel Chevalier. Ce dernier a conçu un jardin numérique qui pousse, bouge et meurt au rythme du passage des visiteurs. Il s’agit là d’une transition vers un Art que l’on pourrait qualifier de robotique. Les Artistes créent des systèmes par la technologie leur permettant de fabriquer des œuvres que les médiums traditionnels leur auraient interdits. Bien que l’on soit au début de l’Art numérique, il est possible de l’examiner à l’aune de l’Histoire de l’Art. En effet, dès l’Antiquité, l’Homme a rêvé de créatures artificielles à leur image. L’exposition Artistes et Robots interroge cette histoire et notre idée de la création.

Oeuvre de l'Artiste Orlan au Grand Palais à Paris

Orlan © Art-Trope

 

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Source: Réseau des Musées Nationaux-Grand Palais