• 1 Mai 2018

Jusqu’au 20 mai 2018, l’Institute of Contemporary Art de Boston propose une exposition intitulée Art in the age of the Internet, 1989 to today. Le musée questionne ainsi l’influence d’Internet sur l’Art depuis le boom du début des années 90.

Electronic Superhighway by Nam June Paik

Electronic Superhighway de Nam June Paik © Libjbr

L’impact d’Internet sur tous les médiums

Afin de comprendre l’ampleur de l’influence d’Internet sur l’Art, l’exposition Art in the age of the Internet, 1989 to today rassemble volontairement un large éventail de médiums. En effet, près de 60 Artistes y sont représentés et s’expriment dans des formes très diverses. Peinture, sculpture, vidéo, installation, Art Numérique, photographie sont présents dans cette dense investigation. Parmi les Artistes présents, il y a notamment Nam June Paik, précurseur de l’Art Vidéo, avec son installation “Internet Dream” réalisée en 1994. Cette dernière fait face à une œuvre du collectif HOWDOYOUSAYYAMINAFRICAN’S intitulée “thewayblackmachine” mise en place en 2014. Elle se compose d’images de reportages télévisés sur les assassinats d’afro-américains. Les deux œuvres se répondent en un flot d’images qui finissent, par l’accumulation et la répétition, à créer une image vide.

Art représentant le réseau Internet

© Pexels

Questionner notre humanité à travers l’Art et Internet

L’un des objectifs de l’exposition est de permettre de réfléchir sur la condition humaine en intégrant Internet dans l’équation. C’est d’ailleurs ce que propose l’œuvre d’Ed Atkins intitulée “Safe Conduct” et réalisée en 2016. Dans cette œuvre vidéo, l’Artiste emmène le visiteur dans un sas de sécurité à l’aéroport. Son double digital retire des parties de son corps une par une pour les passer au rayon X. Le Boléro de Ravel résonne dans la galerie dédiée à cet Artiste pour accentuer l’aspect grotesque de la réalisation. L’œuvre questionne ainsi tout à la fois notre humanité mais également l’impact de la paranoïa générale causée par les événements terroristes notamment. Bien que de telles questions ne soient pas nouvelles dans l’Art, la manière de les traiter évolue avec l’apparition et le développement d’Internet. Art-Trope avait d’ailleurs écrit un article sur l’exposition Artistes et Robots au Grand Palais qui traite de sujets similaires.

Art Numérique

© Pexels

L’infinité d’Internet face à la finitude de l’Art

Internet est un réservoir infini. Cette source inépuisable de sujets, d’images, de textes, de contenus, diffère de l’Art qui peine à reproduire cette diversité. De même, les œuvres d’Art à l’ère d’Internet ont tendance revenir sur un sujet qui a déjà été soulevé. En effet, elles s’apparentent souvent à des citations qui viendraient confirmer une problématique sans pour autant la faire évoluer. Néanmoins, l’exposition du musée de l’Institute of Contemporary Art de Boston permet aussi de rappeler que le medium n’est pas forcément le message. Cela est d’autant plus pertinent dans un monde où l’on utilise nos outils technologiques de manière aussi intensive. Nous sommes ainsi saturés d’informations et bien souvent d’images chocs qui montrent mais ne démontrent pas nécessairement les problématiques. L’exposition est un prétexte à nous interroger sur les conséquences d’Internet sur l’Art et les messages qu’ils diffusent.

Lisez notre article sur la vente de l’un des nus de Modigliani pour 150 millions de dollars ici.

Source: Hipperallergic