• 17 Jan 2018

Le 10 mars prochain, un nouveau hub culturel et artistique ouvrira ses portes à Paris, en plein cœur du Marais. La Fondation Lafayette Anticipations, présidée par Guillaume Houzé, à l’origine du projet, se revendique d’esprit singulier. «Ce bâtiment du 9, rue du Plâtre est à la fois une machine, une maison pour les artistes, un site de production sur mesure, un lieu de vie » affirme son président. Qu’attendre de ce nouveau bastion artistique ?

Cette image de l'Office for Metropolitan Architecture représente la façade de la future Fondation Lafayette Anticipations.

9 rue du Plâtre, Paris © Office for Metropolitan Architecture

Un écrin architectural fonctionnel et amovible

La conception architecturale du bâtiment qui abritera la Fondation Lafayette Anticipations a été confiée à l’architecte Rem Koolhaas. L’idée est de créer une fondation-laboratoire. La façade date du XIXème siècle et cache une structure qui repose entièrement sur un concept simple : la mobilité. Ainsi, la quasi-totalité des planchers sont amovibles dans l’optique de permettre à tous les étages d’être modulables. En effet, près de 49 configurations sont possibles. Il s’agit là de la première œuvre de Rem Koolhaas à Paris, avec son agence OMA. L’espace de 2 200 m2 comprend une tour d’exposition en acier et en verre de 840m2. Un Restaurant et une boutique ouvriront au rez-de-chaussée, tandis que les espaces d’exposition et ateliers pédagogiques occuperont les étages. Ainsi, l’objectif est de permettre à chaque œuvre d’être mise en lumière à travers toutes les dimensions de la structure.

Cette photographie est un portrait de l'architecte Rem Koolhaas à l'origine de la réhabilitation du 9 rue du Plâtre à Paris.

L’architecte Rem Koolhaas © Strelka Institute for Media, Architecture and Design from Moscow, Russia

« Un lieu de production engagé dans le monde global »

Contrairement à la Fondation Louis Vouitton ou à la future collection Pinault, la Fondation Lafayette Anticipations s’inscrit dans une démarche qui se veut singulière. Effectivement, l’objectif n’est pas de montrer la collection de ses fondateurs, ou d’être la vitrine d’une marque, mais plutôt de servir la création de manière transversale. C’est « un toit convivial sous lequel artistes et citoyens participeront à la transformation des formes et des idées » explique Guillaume Houzé. Ces dernières années, Paris a vu fleurir de nouveaux espaces dédiés à la création artistique: le centre 104, la Gaieté Lyrique etc. Néanmoins, il est rare que de telles conditions soient réunies pour stimuler l’expérimentation. Il s’agit d’accompagner les Artistes dans un écosystème qui aille au delà de celui de la seule résidence d’Artistes. La programmation et les premières productions artistiques du lieu nous permettront de juger de l’efficacité du concept.

Une programmation hors cadre

Afin d’ouvrir la programmation de ce nouveau laboratoire, l’Artiste américaine Lutz Bacher présentera son projet « un grand geste ». Cette Artiste femme septuagénaire est peu connue en France contrairement aux Etats-Unis. En effet, depuis les années 70, Lutz Bacher associe des objets récupérés, ready-made, à un espace de pensée sur les thèmes notamment de l’identité, du genre, de la violence, et de l’intime. A cela s’ajoutent vidéos et sculptures. L’Artiste a travaillé avec de grandes institutions, en particulier le Berkeley Art Museum. Ainsi, ce sera la première exposition monographique de l’Artiste en France. Dans ce contexte, la Fondation Lafayette Anticipations affirme une volonté de vouloir s’écarter des sentiers battus. Ainsi, les œuvres présentées sont en accord avec l’édifice qui les accueille. Une telle ligne directrice conceptuelle doit coïncider avec un travail important de communication auprès des publics désormais habitués aux expositions “têtes d’affiche” de l’Art contemporain. La cohérence des actions avec les intentions est indispensable sur le long terme. La réception des premières expositions permettra de juger de la pertinence d’une telle ligne.

Cette image proposée par Pexels représente un jeune homme assis sur un banc dans une galerie avec un travail photographique exposé en arrière-plan.

© Pexels

Lisez notre article sur la nouvelle politique d’entrées payantes du Metropolitan Museum of Arts (MET) ici.

Sources: Le Monde, Vogue, Archicree