• 22 Fév 2018

A la fin du mois de janvier 2016, la visite du président iranien Hassan Rohani en France avait été marquée par la signature d’importants contrats avec Airbus. Néanmoins, les négociations ne se sont pas limitées aux accords commerciaux. En effet, un volet culturel important avec été acté. Quelles en sont les conséquences en 2018?

Ces deux œuvres en faïences de l'Artiste iranien Owji fait partie de la dynastie Kadjar dans la première moitié du XIXème siècle.

Dynastie Kadjar, Iran, première moitié du XIXème siècle © Owji

Un signature historique éclipsée

En parallèle des accords commerciaux entre la France et l’Iran signés au début de l’année 2016, un autre accord historique était en marche. Ainsi, une “convention-cadre” s’étalant sur les quatre prochaines années a été signée et recouvre des avancées culturelles significatives. En effet, la convention prévoit, en plus des expositions programmées en France et en Iran, des échanges avec des chercheurs mais également, une reprise des fouilles archéologiques sur des sites à déterminer. La signature de l’accord marque aussi la reprise des relations entre le musée du Louvre et l’Iran, instables depuis la révolution islamique de 1979. Cette reprise des relations aurait pu intervenir bien plus tôt, puisqu’un accord avait été conclu en 2004. Néanmoins, la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, et les tensions internationales autour du dossier du nucléaire iranien avaient interrompu les relations. L’accord du 28 janvier 2016 a été signé par Namvar Motlagh, Vice Président de l’organisation culturelle et touristique de l’Iran, et Jean-Luc Martinez, directeur du Louvre.

Une exposition d’envergure à Téhéran

Le musée du Louvre ouvre ses nouvelles relations avec l’Iran par le biais d’une exposition au caractère exceptionnel au Musée National de Téhéran du 5 mars au 3 juin 2018. Cette dernière sera axée autour de la dynastie Kadjar, sous la houlette de Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l’Islam du musée du Louvre à Paris. Il s’agit là d’un projet ambitieux et politiquement délicat car, comme l’indique la directrice, “cette dynastie, [qui] a régné entre la fin du XIXème et les premières décennies du XXème siècle, était une dynastie moderne qui vivait dans son époque, connue pour son côté pas forcément très religieux, mais très ouvert à une vie tournée vers la modernité, la luxure, les techniques de photographie, le cinéma, etc. C’est une dynastie que les Iraniens de la Révolution détestaient.” Or, la proposition a suscité l’enthousiasme des iraniens, révélant ainsi une potentielle volonté d’ouverture. Avec près de 50 œuvres grecques, romaines, et perses, dont certaines provenant des collections du musée Eugène Delacroix à Paris, “le Louvre a Téhéran est la première exposition d’envergure par un musée occidental en Iran”, a déclaré le musée du Louvre.

C'est un bouclier de la dynastie Kadjar (1795-1925) qui régna sur l'Iran.

Bouclier, Dynastie Kadjar, Iran, (1796-1925)

Une coopération culturelle étendue

L’exposition franco-iranienne, sponsorisée par le groupe Renault et la Fondation Total, s’inscrit dans des accords de coopération culturelle plus larges. En effet, la nouvelle entente prévoit des actions communes jusqu’en 2019 dont des programmes d’exposition assurant la promotion des deux cultures. Ainsi, le Louvre-Lens accueillera en France l’exposition “L’empire des Roses: chefs d’oeuvre de l’Art persan du XIXème siècle” du 28 mars au 22 juillet 2018. L’exposition se focalise sur “l’art somptueux de l’éblouissante dynastie Kadjar qui régna sur l’Iran de 1786 à 1925” indiquent les organisateurs. Cela marque une reprise du dialogue culturel après 2011, alors que le gouvernement iranien avait coupé ses liens avec le Louvre. Dans le même temps, le Louvre Abu Dhabi met en lumière l’histoire du musée parisien. Plus 150 œuvres ont été sélectionnées pour raconter l’histoire de la fondation du musée aux Emirats Arabes Unis.

Cette photographie de Mohamed Somji propose un panorama de l'extérieur du Louvre Abu Dhabi conçu par l'architecte français Jean Nouvel.

Louvre Abu Dhabi͛, Extérieur © Louvre Abu Dhabi, Photographie Mohamed Somji

 

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Sources: The Art Newspapers, RFI, et Le Louvre-Lens