• 2 Mai 2018

Depuis plusieurs années, de nombreux musées à travers le monde ont réfléchi à des systèmes leur permettant de diversifier leurs collections. Le Musée de Baltimore a pris une décision radicale. Il met en vente des pièces uniques de sa collection pour acheter des Artistes jusque là peu représentés.

Baltimore Museum of Art by Iracaz

Baltimore Museum of Art © Iracaz

Des pièces uniques mises en vente

Le Musée de Baltimore a décidé de se séparer de pièces majeures de sa collection. En effet, le musée va mettre en vente sept œuvres dont certaines de la main d’icônes du Pop Art que sont Andy Warhol et Robert Rauschenberg. Les œuvres en question sont essentiellement extraites du 20ème siècle avec de grands Artistes. La somme totale récoltée pourrait ainsi dépasser les 12 millions de dollars. L’idée est de se constituer un “trésor de guerre” qui permettra l’acquisition d’œuvres d’Art Contemporain de premier plan, en particulier provenant d’Artistes femmes et de personnes de couleur. Christopher Bedford, le Directeur du musée a affirmé à Artnet qu’une telle stratégie serait “absolument transformative” pour une institution dont les collections manquent de diversité. De plus, pour le Directeur “les Artistes les plus importants qui travaillent encore  (…) sont des afro-américains.”

Marylin Monroe par Andy Warhol

Marylin Monroe © Andy Warhol

Constituer une collection avec moins d’Artistes blancs masculins

Ce qui a été initié par le Musée de Baltimore s’inscrit dans une volonté affirmée de proposer une perspective différente sur l’Histoire de l’Art. Christopher Bedford a ainsi affirmé à Artnet News “la décision de faire cela s’appuie sur mon engagement à réécrire les canons de l’Art d’après-guerre.” Contrairement à la stratégie traditionnelle des musées qui consiste à vendre une œuvre pour acheter les Artistes les plus tendances, le Musée de Baltimore utilisera ses fonds pour investir dans des Artistes contemporains émergents. Parmi les Artistes potentiels, le Directeur du Musée a cité Amy Sherald, représentée par la galerie Hauser & Wirth, et Mark Bradford qui a représenté le Pavillon américain à la Biennale de Venise. L’idée est également de miser sur des Artistes avant qu’ils ne deviennent inaccessibles.

Mark Bradford dans son atelier

Mark Bradford dans son atelier, 2017 © Prague591

Une décision qui divise

L’annonce du Musée de Baltimore a soulevé de nombreuses critiques. En effet, certains acteurs du marché de l’Art n’apprécient pas la vente de collections pour investir sur de nouvelles tendances. Cela est perçu comme la vente d’une partie de l’histoire du musée en question. Néanmoins, un tel processus est mûrement réfléchi et s’inscrit sur le long terme. Ainsi, la stratégie évoquée a été mise en place il y a un an. Il s’agit de retranscrire une nouvelle vision pour les pièces vendues. En effet, les œuvres d’Andy Warhol par exemple, ont été acquises en 1994. Amy Elias qui figure au comité du Musée de Boston, a précisé “nous sommes en 2018. Les visions changent. Simplement parce que vous regardiez les choses d’une certaine façon il y a des années ne veut pas dire que vous les voyez toujours de la même façon aujourd’hui.”

Lisez notre article sur l’influence d’Internet sur l’Art ici.

Sources : Artnet et The Baltimore Museum of Art