• 21 Juin 2018

Après vous avoir proposé un aperçu sur les réseaux sociaux, Art-Trope vous propose de découvrir plus en détails le Musée de la Romanité à Nîmes. Quels sont les enjeux de ce nouveau musée à vocation internationale ?

Vue sur les Arènes de Nîmes depuis le Musée de la Romanité

Vue sur les Arènes de Nîmes depuis le Musée de la Romanité © Art-Trope

Un budget colossal et six années de travaux

La construction du Musée de la Romanité s’est déroulée de 2012 à 2018. Le budget total du musée s’élève à 59,5 millions d’euros dont 35,4 millions ont été financés par la ville de Nîmes et les autorités locales. Un concours a été organisé en amont de la construction afin de sélectionner l’architecte en charge de la conception du musée. “La demande explicite du concours était de créer un musée qui soit une réponse contemporaine aux Arènes romaines. (…) Concevoir une architecture légère, rendue possible par la technologie actuelle, m’a semblé une évidence, ainsi que d’exprimer les différences entre ces deux architectures à travers un dialogue basé sur leur complémentarité” explique Elizabeth de Portzamparc, la gagnante du concours. Jean-Paul Fournier, le Maire de Nîmes a déclaré : “révélateur de l’enracinement de l’identité nîmoise dans son passé romain, le Musée de la Romanité est l’un des projets architectural et culturel les plus marquants de ce début de siècle pour la Ville de Nîmes, mais aussi, pour toute la région.”

Musée de la Romanité à Nîmes

Musée de la Romanité, Nîmes © Art-Trope

Une collection d’objets antique inestimable

En 2006, des fouilles archéologiques ont révélé sur l’un des principaux boulevards de la ville, une Domus, riche demeure romaine. Dans cette dernière, deux mosaïques exceptionnelles ont été trouvées. Celle dite d’Achille et celle dite de Penthée. Leur incroyable état de conservation et la richesse de leurs ornements en font “les plus belles pièces après celles de Pompéi” selon le Maire de Nîmes. Le musée expose ainsi près de 5000 pièces uniques datant de 700 avant Jésus Christ au Moyen Age et bénéficie d’une collection monumentale de 25 000 artefacts. Depuis 2012, l’équipe de conservation a procédé à l’expertise de l’intégralité de la collection. Cela a ainsi permis la restauration d’une grande partie de la collection dont 12 mosaïques, une statue de Neptune, des fragments monumentaux du fronton du propylée, ou encore 100 sculptures romaines. Ces objets d’Art et d’Histoire sont supposés attirer 160 000 visiteurs par an. Pour l’ouverture du musée, l’exposition temporaire “Gladiateurs, héros du Colisée” en lien avec le Colisée de Rome, propose une perspective différente sur les célèbres jeux romains.

Statue de Neptune au Musée de la Romanité

Statue de Neptune, Musée de la Romanité © Art-Trope

Le pari de l’UNESCO

En 2012 la ville de Nîmes a soumis sa candidature à l’UNESCO afin de classer la ville au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Daniel-Jean Valade, Adjoint au Maire à la Culture a déclaré “la ville de Nîmes entend mettre en œuvre une initiative architecturale, mettant l’accent sur les collections de la civilisation romaine dans un cadre contemporain afin de montrer que leur ampleur et leur qualité méritent de figurer au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’UNESCO”. Néanmoins, le Conseil International des Monuments et des sites de l’UNESCO a récemment publié un rapport défavorable s’agissant de la candidature de la ville de Nîmes. Cependant, l’ensemble architectural de la ville comprend également un autre monument romain d’envergure. En effet, la Maison Carré, ancien temple romain dédié aux Princes de la Jeunesse et bâtiment préféré de Thomas Jefferson, dialogue également avec le Carré d’Art, musée d’Art Contemporain qui lui fait face. La ville espère capitaliser sur cet aspect de son histoire.

Mosaïque au Musée de la Romanité à Nîmes

Mosaïque, Musée de la Romanité, Nîmes © Art-Trope

 

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Sources : The Arts Newspaper et le Musée de la Romanité