• 16 Jan 2018

Le jeudi 4 janvier 2018, le Metropolitan Museum of Art (MET) de New York annonçait la fin de sa politique du “pay-as-you-wish” pour les non résidents de l’Etat de New York. Désormais, ces derniers se verront contraints de payer la somme de 25 dollars. Cette nouvelle retentissante a donné lieu à de virulentes critiques du monde de l’Art et de la culture. Mais quelles questions cette polémique soulève-t-elle?

Cette photographie prise par G. Scott Segler représente l'entrée principale du MET à New York.

The Metropolitan Museum of Art © G. Scott Segler

Le MET et ses visiteurs: entre hausse de la fréquentation et chute des revenus

A partir du 1er mars 2018, la nouvelle politique d’entrée des visiteurs du MET s’appliquera à tous. Ainsi, les non résidents de l’Etat de New York devront payer 25 dollars pour visiter l’institution internationale. Pour les autres, le principe de paiement libre, le “pay-as-you-wish” demeure. Cela intervient dans un climat tendu pour le musée qui a récemment dû faire face à une série d’affaires judiciaires. Effectivement, il s’agissait de dénoncer la confusion que pouvait provoquer les termes “suggéré” ou “recommandé” accolés à la participation financière conseillée aux visiteurs jusqu’à présent. Par ailleurs, le pourcentage de visiteurs honorant la participation “suggérée” est passée de 63% en 2004 à 17% aujourd’hui. A cela s’ajoute l’objectif du MET de combler, d’ici 2020, les 10 millions de dollars de déficit qui menacent son équilibre financier. Enfin, il s’agit également de réagir à la baisse des financements publics de la ville. Propriétaire du terrain sur lequel est construit le musée, la ville finançait jusqu’à présent à hauteur de 26 millions de dollars les dépenses de sécurité et factures de fonctionnement du MET.

La levée de boucliers face à la décision du MET

Daniel Weiss, Président et Directeur exécutif de l’institution new-yorkaise parle d’un système qui “a tout simplement échoué”. Holland Cotter et Roberta Smith, critiques d’Art au New York Times, ont réagi en publiant un article cinglant. En effet, selon eux, si le MET fait face depuis 2004 à une chute importante du taux de visiteurs payant la participation suggérée, c’est en grande partie en raison d’une mauvaise stratégie de communication. Ainsi précisent-ils dans leur article: “vous (le MET) n’avez qu’à engagé une vraie bonne agence de graphistes à même de formuler comme une contre campagne”. De plus, les deux journalistes pointent du doigt une politique susceptible d’aggraver les discriminations sociales et ethniques. Toujours dans leur article, ils affirment “s’inquiéter que le plan du MET soit ségrégationniste et nativiste. Il divise les visiteurs en deux catégories – riches et pauvres, natifs et étrangers – ce qui est exactement ce dont le pays n’a pas besoin en ce moment.”

Cette image représente une jeune femme assise sur un banc, contemplant des oeuvres de grands maîtres dans un musée.

© Pexels

Les débats de fond sous la surface de la polémique

Au milieu du choc des idées et du chaos provoqués par l’annonce du MET, deux débats de fond se distinguent. Effectivement, il y a  la question de la gratuité de l’accès aux musées à tous d’une part. D’autre part, celle de l’impact de cette même gratuité sur la diversification des publics. Si la gratuité pour tous est un système vertueux, elle nécessite la mise en place de nouvelles stratégies de financement. Correctement exécutée, cette politique permet le décloisonnement du marché mondial de l’Art. Néanmoins, comme l’explique Colleen Dilenschneider, de l’agence IMPACTS dans son rapport intitulé “Comment les entrées libres affectent la fréquentation des musées”, le lien entre la gratuité et la diversification des publics n’est pas automatique. Bien souvent, cela renforce la fréquentation des visiteurs ayant déjà l’habitude de se rendre au musée. Ainsi, il est nécessaire de prendre de nouvelles mesures, tant dans le secteur privé que public pour diversifier la fréquentation. Dans contexte, Art-Trope met en place tant des outils technologiques innovants que des services adaptés aux Artistes du monde entier pour leur ouvrir l’accès au marché mondial de l’Art. Ainsi, Art-Trope centralise tous les besoins et les outils de développement de carrière des Artistes sur une même plateforme. C’est le facilitateur du marché mondial de l’Art.

Cette image proposée par Pexels représente un dessin à craie encourageant à penser autrement.

© Pexels

Lisez notre article sur 3 villes = 3 expos pour la rentrée 2018 ici.

Sources: Artnet, Artsy, The Art Newspaper et The New York Times