• 16 Mai 2019

De la peinture au cinéma et enfin la Photographie, l’Artiste Lucie Ternisien nous raconte son histoire et sa démarche.

Oeuvre de la Photographe Lucie Ternisien

La Marche de la Princesse, 2014 © Lucie Ternisien

Son parcours

Je suis venue à la photographie par la peinture, que j’ai pratiquée pendant plusieurs années dans mon enfance et mon adolescence. Plus tard, j’ai hérité d’un appareil photo et commencé à photographier les rues et ses personnages, ainsi que mon environnement. La photographie m’a amenée ensuite à la cinématographie. Aujourd’hui, je pratique les deux en parallèle. Je suis passée par une formation de cinéma à La Fémis, qui m’a également permis d’aiguiser mon regard en photographie également. En effet, je travaille sur des tournages en tant que réalisatrice ou chef opératrice, ce qui m’inspire dans le travail de mes cadres et dans la captation de la lumière. Je trouve ces deux pratiques tout à fait complémentaires, et ma photographie est inspirée par les histoires que l’on peut se raconter à partir de fragments, d’instants de la réalité.

Sa démarche artistique

Mes inspirations principales sont la peinture, le cinéma et la poésie. Il s’agit de s’inscrire dans une démarche photographique inspirée par de grands photographes tels Alex Webb et Martin Parr. Ainsi, mes thèmes sont principalement l’être, tournant autour de la question de ce que signifie être dans notre environnement. Ainsi, j’essaie de capter des instants de poésie ou de grâce qui caractérisent la réalité pour en dégager des problématiques sociétales et humanistes : la solitude, le pouvoir, la rencontre, l’ironie. Je cherche à créer comme un tableau représentant ce que devient l’être dans notre société moderne, ce qu’il laisse comme traces dans son environnement, et la manière dont il l’habite. Le choix de travailler en numérique me permet de capter tout ce qui attire mon œil, sans limite. Le choix de mes focales, principalement le 40 mm ou le 28 mm, va avec une démarche d’implication de l’appareil photo vis à vis du sujet car elles exigent de se rapprocher du sujet. Le travail de la lumière et de la couleur est également très important afin de révéler ces accidents de couleur et de lumière dont le quotidien est chargé, et à les magnifier par le cadre. Je cherche à attirer l’attention du spectateur sur des détails du quotidien, sur sa société, et sur sa propre condition. Via la cristallisation de l’instant, je cherche à restituer au spectateur ma vision et la poésie que je vois dans la réalité. Par le travail du cadre et de la lumière, le sujet se révèle et par la même, révèle au spectateur la poésie dans ce qu’il connaît ; son monde habituel.

Photographie de l'Artiste Lucie Ternisien

Prostitution inconnue, 2015 © Lucie Ternisien

Son évolution

Ma pratique évolue sans cesse. Je prends des photos au jour le jour, et mon regard change. J’apprends aujourd’hui à travailler avec des focales plus longues, par exemple. Je m’oriente également vers le travail de la série, plutôt que la photographie individuelle. Je vais prochainement me concentrer sur une série de photos inspirée d’un livre intitulé “Liquidation de Kertesz”, pour une lecture réalisée par Marc-Antoine Vaugeois. Cela sera ma première approche d’une série avec mise en scène. Les thématiques abordés dans l’ouvrage sont proches des miennes à savoir la condition humaine, mais cette fois avec une mise en scène. J’ai pour but de continuer la photographie de rue dans des thématiques engagées, sociétales, tout en révélant toujours la grâce des êtres. C’est toujours avec une forme de douceur que je veux travailler, et j’envisage la suite comme une continuation de mon travail actuel.

Oeuvre de l'Artiste Lucie Ternisien

Pyramide & Oiseau, 2017 © Lucie Ternisien

Ses expositions

J’ai exposé deux fois à Paris, notamment dans un atelier d’Artiste, ma série intitulée Life Cuts. Ma première exposition était la concrétisation de mon travail, qui n’existait auparavant qu’en digital. Le plaisir de tirer ses œuvres et de voir une communauté se mobiliser pour venir m’a clairement donné envie d’exposer plus souvent. Ma prochaine exposition se fera aux Voies Off à Arles, début juillet 2019, ainsi qu’à l’exposition annuelle d’Art-Trope, en octobre 2019 à Paris.

Sa relation avec Art-Trope

La problématique principale est celle d’exposer. C’est ce qui compte le plus pour moi, et je sais à quel point c’est difficile. Art-Trope est une sécurité, un encadrement et une direction humaine qui me fait beaucoup de bien. Ayant commencé seule, c’est un soulagement de me voir épaulée dans ma démarche artistique. Dans les services proposés, c’est l’accompagnement humain, notamment dans la recherche de lieux d’exposition qui m’importe le plus. C’est également une stratégie sur le long terme, une assurance que mon travail peut exister au sein du marché de l’Art Contemporain. Il s’agit donc d’un moteur qui me pousse à continuer, et à faire confiance en mon travail.

Retrouvez le profil Art-Trope de l’Artiste Lucie Ternisien ici.

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