• 18 Nov 2019

L’Artiste Photographe Charles Weber nous partage sa passion de la matière photographique dans un entretien sur son parcours artistique :

Artiste Photographe Charles Weber

NL #15, 36cm x 36cm, 2007 © Charles Weber

Son parcours

Mes premiers élans créatifs étaient plutôt littéraires et poétiques. J’ai donc débuté par le journalisme écrit tout en faisant un peu de photographie. Plus tard, lors d’un séjour en Inde, en voyant des tankas tibétaines, j’ai découvert que l’image pouvait synthétiser tout un discours et c’est alors que je suis devenu photographe. J’ai appris le métier en servant d’assistant à un photographe de fouilles archéologiques et en autodidacte avec quelques stages professionnels. La tendance était au reportage. Je me suis intéressé pendant une année aux réfugiés tibétains en Suisse et, pour l’agence Gamma, j’ai suivi pendant dix jours la visite du Dalaï-Lama dans cette communauté. Pour la première fois j’étais confronté aux autres photo-journalistes, et j’ai préféré prendre un autre chemin. L’attribution de différents prix et bourses d’encouragement ainsi que le soutien du premier directeur du Musée de l’Elysée pour la photographie à Lausanne, m’ont permis dès lors de me consacrer à différents projets personnels tout en enseignant au Collège de Genève.

Sa démarche artistique

Chaque nouveau projet me semblait nécessiter des moyens nouveaux, de recommencer tout à zéro, avec une nouvelle technique, nouvel appareil photographique, nouveau format, nouveau film et surtout nouvelle influence. Ainsi dans mes paysages grecs en noir-blanc de “Iconostases”, j’ai beaucoup appris de Lee Friedlander tandis que dans mes paysages couleurs avec flash de “Jardin Suisse”, on peut y déceler des clins d’oeil de Martin Paar. Dans mes séries en noir-blanc “100 portraits d’apprentis”, “Men and Machines”, “Portraits de la jeune Europe” avec un appareil grand format, c’est August Sanders qui marche devant. Dans mes “Shipwreaks” il y a une ombre de Boris Mihailov, et dans mes “Lightscapes” il y a des touches de Daniel Boudinet et de Séméniako. Ma conviction est que l’on ne marche jamais vraiment seul. Par la photographie, j’aimerais me réconcilier avec le monde. Souvent j’éprouve une sorte de tendresse pour mes sujets, presque comme un goût de larmes. Cela n’empêche pas un peu d’humour et de dérision parfois mais j’aimerais que, dans mes images, le spectateur ressente cet étonnement du cœur.

Oeuvre de l'Artiste Photographe Charles Weber

NL #26, 36cm x 36cm, 2008 © Charles Weber

Son évolution

Dans mes derniers travaux, le thème devient moins important, car c’est la matière qui prime, le geste, le hasard. J’aime la matérialité de l’image, l’objet image, le beau tirage, c’est pourquoi je continue à utiliser des films et à réaliser des tirages argentiques. L’exposition est le lieu privilégié pour être en contact avec les tirages originaux et j’apprécie hautement le travail courageux des Galeries et des Musées avec qui j’ai collaboré ou je collabore encore. La matière photographique est une source inépuisable d’inspirations et gagne à être sans cesse réinvitée, manipulée, sublimée. C’est en ce sens qu’elle prend plus d’ampleur dans ma démarche photographique en perpétuelle évolution.

Charles Weber Artiste Photographe

NL #115, 36cm x 36cm, 2015 © Charles Weber

Ses expositions

J’ai exposé dans plusieurs galeries en Suisse et en Europe. Les expositions sont toujours de précieux moments de partage de sensibilités artistiques. Très prochainement, en novembre 2019, une exposition individuelle intitulée « Byzance » sera présentée à la Galerie Lilian Andrée à Bâle. Le mois suivant, je participe à une exposition collective dont le titre est « Focale s’expose » à la Galerie Andata-Ritorno à Genève. L’été prochain sera marqué par une exposition individuelle au Musée d’Ethnographie de Neapolis en Grèce en juin 2020. Enfin, je présenterai l’exposition « Black innocence » à la Galerie Rastoll à Paris en novembre 2020. C’est avec impatience que j’attends ces moments de rencontre uniques avec un public averti amateur d’Art afin d’échanger sur nos visions du monde à travers l’œil de la photographie.

Sa relation avec Art-Trope

Résidant en Crète, loin des centres culturels et artistiques importants, il m’a semblé important de pouvoir développer ma présence dans les médias et sur les réseaux sociaux aussi bien pour créer d’éventuels nouveaux contacts que pour mieux diffuser l’annonce de mes expositions déjà programmées. N’étant pas d’une génération qui a grandi avec l’informatique et désirant consacrer le maximum de mon temps à mon travail artistique, Art-Trope est une aide précieuse et stimulante par ses conseils et son énergie communicative.

Retrouvez le profil Art-Trope de l’Artiste Photographe Charles Weber ici.

Lisez nos articles ici.