• 23 Avr 2020

L’Artiste Plasticienne Maryam Shams nous invite dans la spiritualité du mouvement comme une poésie composée de lignes et de traits au sein de sa peinture:

shams - vibrations 4 - dessin - 2017

Vibrations 4 – 2017 © Maryam Shams

Son parcours

Dès mon plus jeune âge, et au moment où j’ai découvert le crayon, j’ai eu l’impression d’avoir entre les mains un outil magique qui est devenu mon meilleur ami tout au long de mon enfance. Après mon baccalauréat, j’ai été admise à l’école d’Art Graphique et Décoratif de Téhéran. L’enseignement de cette école ne me satisfaisant pas, j’ai passé le concours de l’université des Beaux-Arts de Téhéran que j’ai réussi avec succès. Un an plus tard, mon envie d’apprendre était telle que j’ai décidé de vivre mon rêve et d’aller à Paris. Je suis arrivée à Paris en septembre 1979 alors que l’Iran était en plein bouleversement politique. Mon premier objectif était d’apprendre le Français. Le second de préparer le concours de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. J’ai réussi le concours et cinq ans plus tard, j’ai obtenu mon diplôme de dessin avec mention. Attirée par la lithographie et la sérigraphie, j’ai pratiqué ces techniques pendant deux ans dans les ateliers d’Abraham Hadad. J’ai voulu ensuite compléter ma formation en étudiant les aspects théoriques de l’Art et je me suis inscrite à la Sorbonne en Arts Plastiques. Enfin, plusieurs années après, j’ai intégré une école de décoration. J’ai donc, parallèlement à mon parcours artistique, travaillé comme décoratrice.

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Vibrations numéro 3 – 2019 © Maryam Shams

Sa démarche artistique

Comme Hegel, je pense que l’art est l’Unité du sensible et du spirituel. C’est d’ailleurs ma fascination pour la beauté du monde qui m’a poussé à chercher le meilleur moyen de l’exprimer. Si la technique est indispensable, elle ne peut remplacer une perception spirituelle du monde jusque dans ses aspects les plus invisibles. Le choix d’un trait, d’une ligne, d’une tâche ont une telle importance qu’il impose un geste spontané, inexplicable, intrinsèquement périssable. Il me faut le capter avant que l’étincelle ne s’envole. Si la beauté est une perception personnelle et subjective, le frisson lui est universel. Je tente de transmettre ce frémissement spirituel dans chacune de mes œuvres en associant matières colorées et matières lumineuses. Je partage cette nécessité intérieure que décrit avec des mots Kandinsky dans « Du spirituel dans l’art ».

À l’École des Beaux-Arts, pour aborder la question du claire obscure et la représentation du mouvement, je choisis de consacrer mon projet de fin d’étude au thème du « Cirque ». Plusieurs années plus tard, la couleur-matière fut une pièce maîtresse de mon travail et les œuvres de Tapies ont été une grande source d’inspiration. L’expressionnisme abstrait avec « l’action painting » qui met en valeur la matière et la couleur utilisée comme matière esthétique, caractérise mon travail.

Depuis plusieurs années, je me penche sur les effets des vibrations colorées sur le psychisme, mais aussi sur la relation entre le noir et le blanc. Je travaille avec simplicité. Aussi j’utilise volontairement des moyens techniques réduits : du papier et de l’encre. Ce défi technique me permet d’atteindre la pureté de l’expression. La vibration, le mouvement, les rythmes, tous inspirés de la nature extérieur sont mes sujets de recherche actuelle. Dans un état de réceptivité de l’instant, je capte l’insaisissable et le subtil. Se rencontrent ainsi la nature extérieure et la nature intérieure. L’unité ainsi créée suscite sensations et réflexions chez le spectateur qui devient, par son interprétation, co-créacteur avec l’artiste.

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Réseaux – 2013 © Maryam Shams

Son évolution

Je pense que tout au long de ma carrière, j’ai cherché à embrasser l’ensemble des possibilités qu’offrait ce médium qu’est la matière plastique. Sous chacune de ses formes se nichait une panoplie de possibilités de traitement. Aussi, en passant par les formes les plus traditionnelles et classiques, je suis passée à une pratique résolument contemporaine. Chaque période d’investigation a eu pour objet un thème. Il y eut ma période de fascination pour le dessin et le trait avec Léonard de Vinci, Rembrandt pour le claire-obscure et enfin Millet pour ses préoccupations sociales et ses représentations des souffrances de la classe ouvrière. Ils sont tous mes maîtres.

Les couleurs de la terre et la matière sont ensuite devenues mes outils d’expérimentation plastique. Plusieurs années après, j’ai voulu voir la couleur sous sa forme aérienne, mouvementée et transparente. C’est le début d’une série de paysages atmosphériques. Ensuite ma peinture devint plus graphique, faite d’assemblages, de collages, de signes et de symboles. Les idées qui me traversaient m’ont amené à écrire mes réflexions sur la toile.
Puis, les grands formats entrent en jeu, ils m’interrogent et testent mes capacités à traiter de plus grandes dimensions. L
es diptyques et triptyques prennent forme avec comme thème le paysage intérieur mais cette fois-ci en matière et avec des contrastes colorés. La couleur laisse la place à l’épuration. Le noir et blanc viennent poser les jalons d’un nouveau défi qui est encore le thème que j’approfondis.

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Réseaux – 2013 © Maryam Shams

Ses expositions

Ma première exposition personnelle était juste après mon diplôme de l’ENSBA à la grande masse des Beaux-Arts. Elle a marqué le début de ma carrière artistique avec un réel succès. Cet enthousiasme m’a encouragé à continuer mon parcours artistique. Des expositions collectives ont suivi à travers la France. Depuis les années 2000, mon travail a été exposé dans le monde entier en passant par les Etats-Unis (Dallas et Washington), l’Europe (Suède, Espagne, Italie) et la Chine (Pékin). Je garde en mémoire mon exposition personnelle à la galerie Yellow House de Dallas qui m’a permis de collaborer avec Michael-Anne HARPER, directrice de la galerie, pendant plusieurs années. Etant donné la situation mondiale, toutes mes expositions cette année ont été annulées et/ou reportées sans grande visibilité.

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Réseaux – 2013 © Maryam Shams

Sa relation avec Art-Trope

Les institutions ont des programmations faites, des choix correspondants aux besoins et opportunités du marché de l’art. Il n’y a pas, à mon sens, une grande ouverture pour les artistes non représentés par une galerie. Je me projette sur la scène internationale pour avoir une plus grande visibilité. En tant qu’artiste indépendante, les questions de logistique posent des complications. L’artiste est censé organiser tout ce qui concerne les contacts avec les organisateurs, les transports, l’assurance, les déplacements, etc. C’est pour cette raison que je me suis mise en relation avec Art-Trope afin de me dégager de toute cette logistique qui me tenait loin de mon atelier. Je souhaitais travailler en équipe afin de collaborer ensemble, trouver des opportunités pour développer ma carrière. Je pense qu’Art-Trope peut m’apporter le soutien nécessaire pour un meilleur positionnement sur le marché de l’art aussi bien en France qu’à l’international. C’est l’interface et le service nécessaire adaptés à mes besoins d’Artistes.

Retrouvez le profil Art-Trope de l’Artiste Plasticienne Maryam Shams ici.

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