• 25 Oct 2017

Aymard le Forestier de Quillien, Artiste peintre, se confie à Art-Trope et revient sur sa démarche artistique:

Cette huile sur toile aux couleurs vives, intitulée New Jerusalem, a été peinte par Aymard Le Forestier de Quillien en 2012. Une ville multi-culturelle se dessine sous nos yeux sur un îlot de paix et de cohésion sociale.

Aymard Le Forestier de_Quillien, New Jerusalem,115×91, 2012 © Aymard le Forestier de Quillien

Son parcours

Je suis né en 1952, dans une famille de 6 enfants avec une histoire. A l’adolescence, je me suis posé la question de mon rôle sur cette terre. Je n’étais pas maladroit de mes mains, et j’ai toujours aimé observer, faire silence. Á l’origine, je souhaitais travailler dans le monde de l’artisanat. J’ai donc travaillé à Bordeaux auprès d’un maître verrier qui faisait aussi de la mosaïque. A partir de là, j’ai pu rencontrer quelques artistes qui m’ont inspiré. Je suis alors rentré aux Beaux-Arts de Bordeaux, et y ai passé 5 ans. L’idée d’être peintre, suite à l’obtention de mon diplôme, me semblait aller de soi. Je me sentais appelé à raconter une histoire avec des couleurs et des formes, néanmoins, je ne pensais pas pouvoir vendre et vivre de ma peinture. Face aux grands modèles d’artistes en France tels Matisse, Picasso ou Rubens, je me sentais comme un apprenti. Ce qui m’intéresse c’est la couleur et la forme. Je partage une expérience esthétique comme une suite en musique, tout en étant spectateur de la vie, afin de dépasser l’humain pour une dimension spirituelle.

Son domaine d’expression

Les techniques que j’ai apprises et que j’apprends encore sont comme un nouveau vocabulaire pour m’exprimer. Dans ce contexte, il était important pour moi d’appréhender des techniques anciennes, tout en les réactualisant. Je trouve l’inspiration dans les couleurs qui m’entourent, par exemple dans les icônes, la résonance du blanc et du bleu est, selon moi, fondamentale c’est-à-dire qu’en observant la nature, il est possible d’entrevoir l’absolu de la couleur. La nature me donne des leçons d’humilité. La diversité des techniques et des supports fait écho à un panel de mots et de sons et ainsi, selon les techniques employées, il y a une élasticité dans la spontanéité du geste. Une phrase d’Ernest Hemingway m’a toujours inspiré : « Aujourd’hui est le premier jour du reste de ma vie ». En fait, quand je peins, je vis ma journée, je ne suis pas nécessairement un thème. La recherche du beau me guide et ainsi le fait grandir pour étouffer le laid. 

Cette huile sur toile peinte par Aymard Le Forestier de Quillien est une plongée abstraite dans l'univers des couleurs et des formes. Issue de la production de 2013, elle s'intitule" Autour du Mas".

Aymard Le Forestier de Quillien, Autour du mas, 61×50, 2013 © Aymard le Forestier de Quillien

L’Evolution de son travail

Quand j’étais plus jeune, mes travaux transpiraient d’avantage des énergies du pathétique, sans pour autant être narcissiques. Il y avait comme un côté gestuel. J’ai ensuite réalisé que la peinture avait besoin de vibrations. Lorsque je travaille dans la couleur, il y a de l’apaisement, presque de la tranquillité, alors que la matière, elle, renvoie à l’agitation. Ma préférence va vers le silence habité de la matière. Dans ce silence, il me semble essentiel de toujours savoir prendre la mesure de l’autre, j’ai alors travaillé avec différentes techniques, comme la dorure par exemple. Pour cela, je suis allé voir dans les années 80 un doreur qui restaurait les cadres du Louvre, et qui m’a appris sa technique complexe. Dans cette série qui est une étape de 4 années de travail, la lumière était renvoyée de différentes manières selon l’environnement, dès lors le photographe était stupéfait, car il ne pouvait pas capturer les œuvres sous un seul angle, la lumière changeant complètement le rendu selon les prises de vue. Le côté inaltérable de cette matière m’intéressait également dans le sens où cela renvoyait à l’idée de transmission. En ce moment, je travaille plutôt avec de la peinture à l’huile, notamment par le biais de glacis.

L’Artiste et Art-Trope

Faire sortir la peinture de l’atelier nécessite des compétences à la fois en termes de communication, de mise en relation, de logistique. Art-Trope est un élément essentiel qui ouvre des portes car je ne pourrais pas y arriver seul. Ainsi avec mon agent et Art-Trope j’ai bâti une équipe autour de moi qui me donne des perspectives sur le long terme tout en continuant à peindre et à méditer. Par exemple en réalisant cet entretien, Art-Trope me permet de mettre de l’ordre dans mes idées et d’affiner ma démarche. Nous, les artistes, nous avons besoin d’une équipe, Art-Trope y a tout à fait sa place, je leur fais confiance. Avec Art-Trope, Il y a toujours un foisonnement d’idées, et l’on va de l’avant. C’est une porte vers un devenir que l’on ignore encore, et qui peut être extraordinaire !

Retrouvez le profil Art-Trope d’Aymard le Forestier de Quillien ici.

Lisez notre article sur l’exposition de Julio Le Parc à la galerie Perrotin ici.

Pour plus d’informations sur Art-Trope, visionnez notre vidéo de présentation ici.