• 13 Déc 2017

Le 20 novembre dernier, Art-Trope écrivait un article sur la vente aux enchères de la toile Salvator Mundi de Leonard Da Vinci. Christie’s signait alors la vente du tableau le plus cher du monde pour la somme de 450 millions de dollars. L’identité de son acquéreur vient d’être révélée. Il s’agit du Prince Mohammed ben Salmane d’Arabie Saoudite:

Cette photographie représente Prince Mohammed Ben Salmane d'Arabie Saoudite.

Prince Mohammed ben Salmane d’Arabie Saoudite © Mazen AlDarrab

Une révélation houleuse

La révélation de l’identité du Prince acheteur ne s’est pas faite sans rebondissements. En effet, c’est d’abord le New York Times qui déclare le 6 décembre 2017 que l’intermédiaire de la vente était le Prince Bader ben Abdullah ben Mohammed ben Farhan Al-Saud. Ainsi, le lendemain, ce dernier a répondu dans la presse saoudienne: “j’ai lu avec une grande surprise le communiqué publié à mon propos par le New York Times ainsi que les informations étranges et inexactes qu’il contient”. De même, l’un des membres officiels de l’Ambassade d’Arabie Saoudite a refusé de commenter. Christie’s n’a jamais dévoilé l’identité, mais des documents des renseignements américains analysés par le New York Times ainsi que le Wall Street Journal ont conduit à la confirmation de l’identité de l’acheteur ainsi que de son intermédiaire. Quelques jours plus tard, le Louvre Abu Dhabi a annoncé la réception prochaine de la toile du grand maître.

Cette image proposé par Pixabay représente un marteau d'audience.

© Pixabay

Un contexte politique favorisant l’anonymat

Un achat d’une telle envergure intervient à un moment politiquement complexe pour le Prince Mohammed ben Salmane. En effet, il est le principal instigateur de la purge sans précédent qui a secoué l’élite saoudienne au début du mois de novembre. Ainsi, cette opération anti-corruption a donné lieu à l’interpellation de dizaines de personnalités du monde politique et des affaires. De ce fait, l’achat ouvert du tableau le plus cher du monde aurait fait désordre dans ce contexte. Néanmoins, un tel acte peut être également lu comme une action politique. En effet, jusqu’à aujourd’hui, c’était surtout le Qatar qui, au sein des pays du Golfe, s’était imposé comme un acteur important du marché de l’Art. Or, la Qatar et l’Arabie Saoudite ont vu leurs relations diplomatiques se détériorer. En effet, l’Arabie Saoudite et ses alliés accusent le Qatar de soutenir des mouvements extrémistes et de tisser des liens ténus avec l’Iran chiite, alors que l’Arabie saoudite est sunnite.

La question de l’ouverture culturelle de l’Arabie Saoudite

L’achat de Salvator Mundi représentant le Christ sauveur du monde est un acte susceptible de heurter des sensibilités. Effectivement, les ténors de l’ultra-conservatisme musulman pourraient s’en offusquer. Ainsi, les musulmans considèrent que Jésus Christ n’est pas un sauveur mais un prophète. De même, les clercs saoudiens enseignent qu’il est interdit de représenter un être humain. Il est donc interdit de représenter les prophètes. Par l’achat de la toile du grand maître, le fils du roi Salmane affirme progressivement son pouvoir. Dans le même temps, cela symbolise l’évolution récente du royaume ultra-conservateur vers une certaine ouverture.

Cette image proposée par Pexels représente une couronne en fer.

© Pexels

Lisez notre article l’exposition Women House à la Monnaie de Paris ici.

Sources: New York Times et Le Figaro