• 29 Nov 2017

Le street-Artist marocain Tarek Benaoum a achevé, dans le courant du mois de novembre 2017, sa plus grande fresque en France à ce jour à l’Institut des Cultures d’Islam de Paris. Art-Trope avait assisté à sa performance pendant la Nuit Blanche 2017.

Cette photographie de Thea Yazli représente l'Artiste Tarek Benaoum devant sa fresque murale au Centre des Cultures d'Islam de Paris.

Tarek Benaoum, Institut des Cultures d’Islam © Thea Yazli

Tarek Benaoum : street-Artist calligraphe

Né à Salé, au Maroc, Tarek Benamoum est dès l’âge de 14 ans, captivé par la vague graffiti et les fresques des années 90. C’est le besoin de s’exprimer librement, une bombe de peinture à la main, qui le pousse à s’adonner à cet Art qu’il ne quittera plus. En parallèle de ses aspirations de street-Art, il développe un goût prononcé pour la calligraphie. En effet, cela s’inscrit dans la continuité de sa passion pour l’Ecriture. Pour cela, il se forme pendant 4 ans au Scriptorium de Toulouse. C’est ainsi qu’il diversifie sa palette d’expression. Il multiplie les stages de calligraphie latine auprès de professeurs renommés tels Kitty Sabatier et Véronique Sabard. Il pratique donc la peinture des mots. Lieux publics, fresques murales, hôtels, restaurants et clubs sont ses lieux d’expression favoris. Les mots qu’il utilise sont ceux notre quotidien à tous: amour, violence, bonheur, vie, musique etc. Ainsi, Tarek Benaoum est à la frontière sémantique de chaque mot pour un anticonformisme novateur. Son Art met en exergue une dilution du temps dans l’espace par l’enchevêtrement des lettres.

Une fresque géante en plein cœur du quartier de la Goutte d’Or à Paris

Au mois de novembre 2017, Tarek Benaoum a achevé sa plus grande fresque murale peinte en France à ce jour. C’est dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris, dans la cour intérieure de l’Institut des Cultures d’Islam, que l’on peut admirer ce tableau de près de 350 m2. Sa mise en place a été effectuée par l’équipe de Quai 36. La fresque est intitulée: « La dernière phrase, hommage à Hélène Cixous ». Effectivement, Hélène Cixous est un symbole du quartier de la Goutte d’Or. Grande écrivaine française née en Algérie de parents juifs, elle incarne une France cosmopolite. Ainsi, l’oeuvre du street-Artist reprend quatre lignes de son livre Limonade tout était infini qui traite de la délicatesse de l’écriture. Le texte intervient avant la forme. Le choix en est donc essentiel, et se doit d’être en résonance avec le lieu. Tarek Benaoum mélange les sytles: gothique, latin, oriental, alien de manière spontanée. Sur la fresque, il faut lire en partant de la colonne de gauche qui se lit de bas en haut. Ensuite intervient celle de droite. Enfin, les cercles. Il s’agit “d’arabiser la calligraphie latine”.

Cette photo prise par Thea Yazli représente la fresque murale de l'Artiste Tarek Beanoum réalisée avec Quai 36 à l'Institut des Cultures d'Islam de Paris.

La dernière phrase hommage à Hélène Cixous, Tarek Benaoum, Quai 36, Institut des Cultures d’Islam © Thea Yazli

Tarek Benaoum et l’exposition “Lettres Ouvertes, de la Calligraphie au Street Art”

Cette fresque monumentale a été réalisée à l’occasion de la saison “Lettres Ouvertes, de la Calligraphie au Street Art”, qui se tient jusqu’au 21 janvier 2018 à l’Institut des Cultures d’Islam. Des passages choisis de textes et poèmes de célèbres auteurs du Maghreb et du Moyen-Orient sont calligraphiés dans des styles inspirés des cultures africaine, berbère, amérindienne ou latine. Il s’agit là d’un projet réalisé dans le cadre de l’initiative « Les oeuvres d’art investissent la rue » voté par les Parisiens à l’occasion du budget participatif de la Ville de Paris. La production déléguée de ce mur peint est assurée par Quai 36. L’Institut des Cultures d’Islam est un établissement culturel de la Ville de Paris. Ancré dans le quartier populaire de la Goutte d’Or et ouvert sur le monde, il est à la fois un centre d’art contemporain, une scène musicale, un lieu de dialogue et d’apprentissage.

Lisez notre article sur l’Artiste Art-Trope Guillaume Dimanche, photographe, ici.

Sources: Tarek Benaoum, Télérama, Centre des Cultures d’Islam