• 30 Jan 2018

La Salle University de Philadelphie entend mettre en œuvre une nouvelle stratégie avec de nouveaux postes de dépenses. Pour la financer, l’université américaine a décidé de vendre 50 œuvres de ses collections. Ainsi, l’objectif est de récolter entre 4 et 7 millions de dollars. Quels problèmes cela soulève-t-il ?

Cette photographie prise par Audrey représente le campus de l'université américaine La Salle, proche de Philadelphie.

La Salle University campus © Audrey

Une collection universitaire d’exception

Dès son ouverture en 1976, le musée de La Salle University s’est démarqué par une collection d’envergure. En effet, le musée compte parmi ses possessions peintures, dessins et sculptures de la Renaissance à nos jours. Ainsi, des Artistes comme Jean-Auguste Dominique Ingres, George Rouault, Thomas Eakins ou encore Henri Matisse fondent la renommée de la collection. De ce fait, la valeur de nombreuses œuvres atteignent plusieurs millions de dollars. La récente décision de l’université de se séparer de presque 50 de ces œuvres pour les vendre par le biais de Christie’s a provoqué une vague de colère parmi les personnalités du monde de l’Art.

Il s'agit d'une huile sur toile de 1784 d'Hubert Robert intitulée "La Tombe de Virgile à Posilipo, près de Naples".

La Tombe de Virgile à Posilipo, près de Naples, 1784, huile sur toile © Hubert Robert

Une décision aux motivations nébuleuses

L’annonce de la vente d’œuvres de la collection du musée de La Salle University ne s’est pas faire sans bruit. Ainsi, Caroline Wistar, ancienne conservatrice du musée a déclaré au Philadelphia Inquirer: “Nous sommes tous dans le noir et en état de choc, tout simplement choqués (…). Nous n’en comprenons pas la raison.” Effectivement, les motivations de l’université manquent de clarté. Selon Jaine Lucas, porte-parole de l’université, “les œuvres ne vont pas combler un déficit”. Or, Susan Snyder et Stephen Salisbury, journalistes du Philadelphia Inquirer, ne partagent pas le même avis. Effectivement, ils affirment qu’en 2015, le budget de l’université s’est vu amputer de 12 millions de dollars, que le nombre de candidatures de nouveaux étudiants est tombé de 18%, et que 23 membres du personnel ont été licenciés.

L’Art est-il une monnaie d’échange comme les autres?

L’affaire de la vente des œuvres d’Art par une université pose la question du statut de l’Art dans le système capitalistique. En effet, il est admis de manière implicite dans le marché de l’Art, que les œuvres d’une institution muséale ne peuvent être vendues que pour en éviter la fermeture. Or, dans l’affaire évoquée, l’université clame qu’elle n’a pas de difficultés financières. Peut-on alors considérer la vente d’Art comme un outil financier comme un autre pour subvenir aux dépenses? Il s’agit là d’une question à laquelle les personnalités artistiques et culturelles ont déjà répondu non. Néanmoins, l’autre versant de la polémique réside dans la réputation du musée. En effet, l’impact sur la fréquentation du musée est potentiellement important, et peut ainsi rejaillir non seulement sur le fonctionnement du musée en lui-même mais aussi sur la réputation de l’université toute entière.

Cette gravure de Charles Simon Pradier représente Virgile lisant L'Enéide à Auguste, toile d'Hubert Robert.

Virgile lisant L’Enéide à Auguste, gravure de Charles Simon Pradier d’après Jean Auguste Dominique Ingres, 1832

 

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Sources: The New York Times et Artnet