• 29 Mar 2018

Le musée d’Art moderne de la ville de Rio de Janeiro fait face depuis un certain temps à des difficultés financières. Pour survivre sur le long-terme, l’institution brésilienne a pris une décision sans précédent. Il va vendre sa seule toile de l’Artiste américain Jackson Pollock. Quelles conclusions en tirer?

Le Musée d'Art moderne à Rio de Janeiro

Le Musée d’Art moderne à Rio de Janeiro © Dornicke

Des difficultés financières

Le déficit budgétaire du musée d’Art moderne de Rio est vertigineux. En effet, il s’élève aujourd’hui à près de 450 000 dollars. En tant qu’institution privée, le musée ne reçoit aucune aide financière du gouvernement brésilien. Ainsi, ses ressources proviennent essentiellement de ses donateurs et de ses sponsors. Les coûts engendrés par le fonctionnement du musée ne lui permettent pas de générer suffisamment de recettes. Cela est en partie dû aux suites de l’organisation des Jeux Olympiques par Rio de Janeiro. A cela s’ajoute la chute des prix du pétrole ainsi que la récession qui a frappé le Brésil entre 2015 et 2016. L’instabilité politique n’arrange pas la situation pour les Institutions culturelles qui peinent à trouver le soutien dont elles ont besoin pour avancer.

Une vente pour trente années de survie

Pour combler son déficit et assurer sa survie, le musée a proposé de vendre une pièce unique de sa collection. Il s’agit de la toile “No. 16” de Jackson Pollock réalisée en 1950. La toile été une donation de l’ancien Vice Président des Etats-Unis Neslon Rockfeller en 1954. Par ailleurs, c’était l’une des rares œuvres à avoir survécu au feu ayant ravagé le musée en 1978. qui avait alors détruit près de 90% de la collection du musée. Elle est estimée à 25 millions de dollars. Il a été décidé qu’elle serait d’abord proposée à d’autres musées avant d’approcher les maisons de vente aux enchères. Selon les observateurs, la vente pourrait permettre au musée d’assurer près de 30 années de fonctionnement. Bien évidemment, la vente de chefs-d’oeuvre pour combler les déficits financiers reste une question hautement sensible comme en témoigne notre article sur l’université américaine La Salle.

Deux oeuvres de Jackson Pollock au MoMA à New York

Deux oeuvres de Jackson Pollock au MoMA, New York © Gorup de Besanez

Une décision contestée

Dès l’annonce par le musée de la décision, de nombreuses voix se sont faites entendre pour s’insurger contre la vente. Ainsi, l’Institut brésilien des musées, une branche du ministère de la culture en charge de 30 musées publics, ont envoyé une lettre un jour avant la déclaration officielle du ministre. Dans celle-ci il est écrit: “nous sommes tout à fait conscients des profondes difficultés financières auxquelles les musées brésiliens font face mais nous voudrions considérer la préservation de leurs collections comme impérative.” Néanmoins, le ministre de la culture brésilien a approuvé la démarche du musée. En effet, il a déclaré: “bien que l’oeuvre soit indéniablement pertinente pour le musée, sa vente à elle seule suffirait à récolter les ressources nécessaires pour créer un fond lui permettant d’assurer une durabilité et ainsi devenir moins vulnérable aux crises.”

Baie de Rio de Janeiro au Brésil

Baie de Rio de Janeiro, Brésil © Pexels

 

Lisez notre article sur les britanniques qui boudent les musées nationaux ici.

Sources: The Art Newspaper and Hyperallergic