• 2 Avr 2018

Le 31 mars 2018 se terminait la 6ème édition d’Art Basel Hong Kong. Elle se conclut avec une vente de près de 35 millions de dollars. Ainsi, cela confirme l’influence grandissante de l’Asie dans le marché international de l’Art en phase de devenir la nouvelle “Europe” en termes de capacité d’achat.

Art Basel à Hong Kong 2018

Art Basel à Hong Kong 2018 © Art Basel

Une vente à 35 millions de dollars

Les foires d’Art contemporain ont une influence toujours grandissante sur le marché de l’Art. En effet, Art Basel Hong Kong le confirme très nettement. Sa vente la plus importante enregistrée est celle d’une oeuvre de Willem de Kooning par le galeriste et marchand d’Art Lévy Gorvy pour la somme de 35 millions de dollars. Bien entendu, elle s’est accompagnée de nombreuses ventes annexes qui s’élèvent majoritairement à plusieurs centaines de milliers de dollars. Ainsi, chez David Zwirner, une oeuvre de Neo Rauch a été vendue pour 1 million de dollars, deux pièces de Michaël Borremans pour 600 000 dollars et une oeuvre de Lisa Yuskavage pour 300 000 dollars. De même, la galerie Kukje a vendu une oeuvre de Lee Ufan pour 1.5 millions de dollars. Les acheteurs sont ainsi nombreux dans les 80 000 visiteurs de la foire qui l’ont parcourue du 27 au 31 mars 2018.

Galerie Lévy Gorvy à Art Basel Hong Kong 2018

Lévy Gorvy © Art Basel

L’Asie: une nouvelle Europe 

Le marché asiatique est en plein boom, et pas seulement sur le plan économique. En effet, la croissance est excellente certes, puisqu’elle est estimée à 6.5% pour les deux prochaines années, mais l’investissent culturel s’est  aussi considérablement renforcé. Par exemple, au mois de mai 2018, le centre culturel de Tai Kwun va ouvrir ses portes à Hong Kong alors que le musée M+Museum de West Kowloon devrait être lancé en 2019. En parallèle de ce dynamisme économique et culturel, l’Asie compte un nombre toujours plus important d’acheteurs. Déjà en 2017, l’Asie rassemblait 41% des milliardaires, dépassant les Etats-Unis qui n’en accueillent que 32%. La Chine à elle seule devrait avoir 205 milliardaires d’ici les cinq prochaines années. Le pays est d’ores et déjà classé deuxième sur le marché de l’Art, enregistrant 21% des ventes globales. Tous ces indicateurs font dire à Clare McAndrew, économiste et auteur du rapport conjoint UBS et Art Basel annuel, que l’Asie “pourrait être une nouvelle Europe en termes de capacité d’achat.”

Galerie David Zwirner à Art Basel Hong Kong 2018

David Zwirner © Art Basel

Les nouveaux comportements des collectionneurs asiatiques

Les foires d’Art contemporain fournissent toujours des indices intéressants sur l’évolution des comportements des collectionneurs. Dans le cas des acheteurs asiatiques, de nouvelles tendances sont à noter. En effet, en Chine par exemple, les enfants de nombreux milliardaires ont désormais la vingtaine et cultivent un goût particulier pour l’achat d’œuvres d’Art et le style de vie qui l’accompagne. Ainsi, Mathieu Borysevicz, fondateur de Shanghai gallery Bank et de Mabsociety spécialisé dans le conseil culturel, a constaté le rajeunissement de sa clientèle. Il indique que cette dernière est plus jeune et généralement plus ouverte d’esprit. Les jeunes adultes qui l’a constitue sont également plus enclins à dépenser l’argent contrairement à leurs aînés.  “Ils ne dépensent pas leur propre argent d’après ce que j’ai compris, mais il est devenu assez tendance pour les riches jeunes adultes de faire de l’achat d’Art, notamment en raison du train de vie qui l’accompagne”, explique Mathieu Borysevicz. La place des réseaux sociaux est également importante avec une plus grande popularité pour les œuvres ayant un fort potentiel de générer de l’engagement de la part de la communauté digitale.

Lisson Gallery à Art Basel Hong Kong 2018

Lisson Gallery © Art Basel

 

Lisez notre article sur la participation de Florence Cardenti, photographe et Artiste Art-Trope, au Symposium du CIRBE à Paris le 6 avril prochain ici.

Sources: Artsy, Art Basel Hong Kong and Forbes