• 19 Juin 2018

Du 1er juin 2018 au 6 janvier 2019, le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris accueille l’exposition Zao Wou-Ki L’espace est silence. Près de quarante œuvres de grandes dimensions ont été regroupées pour cette première grande exposition à Paris depuis 15 ans.

Oeuvre de Zao Wou-Ki

Zao Wou-Ki, 03.12.74, 1974 © ADAGP, Paris, 2018

Zao Wou-Ki : un Artiste franco-chinois d’exception

Né en Chine en 1920, Zao Wou-Ki arrive à Paris en 1948 où il réalisera la quasi-totalité de ses œuvres. Peintre et graveur, il sera durablement influencé par les “Nymphéas” de Monet au Musée de l’Orangerie à Paris. Cette expérience de la couleur a traversé toutes ses œuvres, et en particulier celles présentes dans l’exposition qui lui est consacrée. Ce sont justement ces grands formats qui sont à l’honneur au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris qui fait d’ailleurs remarqué que les institutions françaises ont été rares à dédier une exposition au peintre chinois naturalisé français. Volontairement, cet Artiste n’a embrassé aucun des courants de son époque. En effet, c’est d’avantage le processus de création en lui-même qui l’intéresse. Bien que la peinture chinoise classique de paysages soit celle de son éducation, ses œuvres dialoguent d’avantage avec celles des expressionnistes américains tel Jackson Pollock.

L’exposition Zao Wou-Ki L’espace est silence : une réflexion sur le grand format

Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris a décidé de mettre à l’honneur les grandes toiles de Zao Wou-Ki afin de mettre en exergue la conversation picturale qu’entretenait l’Artiste avec des mouvements tel expressionnisme abstrait. Ainsi, l’exposition s’ouvre avec les œuvres de l’Artiste au moment où il utilise une nouvelle forme d’expression, s’approchant de l’abstrait. En effet, François Michaud et Erik Verhagen, Commissaires de l’exposition, ont fait le choix de commencer par une œuvre de 1956 intitulée “Traversée des apparences”. L’œuvre fut réalisée juste avant un premier séjour aux Etats-Unis. L’Artiste est alors marqué par la recherche d’un espace toujours plus vaste. Cette immensité se traduit par de longs mouvements de peinture, la couleur éclaboussant la toile. Sur la fin de sa vie, Zao Wou-Ki utilise l’encre de Chine pour réaliser quelques rares dessins sur de grands formats papier donc quatre inédits sont visibles dans l’exposition. Il s’agit de présenter l’Artiste dans toute sa complexité.

Oeuvre introduction de l'exposition Zao Wou-Ki

Zao Wou-Ki, Traversée des apparences, 1956 © ADAGP, Paris, 2018

Un Artiste longtemps ignoré

Zao Wou-Ki étant un Artiste à part, volontairement hors courant artistique, il a longtemps été ignoré de nombreuses institutions aussi bien en France qu’à l’étranger. Néanmoins, depuis quelques années, et plus particulièrement en Chine, le prix de ses œuvres s’est envolé. En effet, un record de 25,9 millions de dollars a été établi en novembre 2017 à Christie’s Hong Kong. Or, il y a de cela trente ans, l’Artiste était très loin de ces prix. Cela s’explique notamment par l’expansion récente et rapide du marché de l’Art en Chine. Dans ce contexte, Art-Trope avait consacré un article aux nouveaux collectionneurs chinois. Cette récente bulle autour de l’Artiste franco-chinois n’a cependant pas donné lieu à de nombreuses expositions consacrées aux œuvres uniques de cet Artiste original. Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris entend renverser la balance pour lui rendre hommage après des années de négligence.

Oeuvre de Zao Wou-Ki

Zao Wou-Ki, 05.03.75 – 07.01.85, 1975-1985 © ADAGP, Paris, 2018

 

Lisez notre article sur la vente aux enchères des dernières œuvres de la collection d’Yves Saint Laurent et Pierre Bergé par Sotheby’s Paris ici.

Sources : Le Monde, Télérama, et le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris