Formée dès l’adolescence à différentes techniques dans le cadre des Beaux-Arts municipaux de Troyes et de son cursus en arts plastiques, Morgane Parmentier développe progressivement une pratique largement fondée sur l’expérimentation. Dessin, peinture acrylique, matière et dorure se combinent dans un processus où la répétition, l’observation et la recherche plastique participent à l’évolution de son langage pictural.
La démarche artistique de Morgane Parmentier s’articule autour de l’humain, de la psychologie et de la résilience. Elle explore les émotions, les vulnérabilités et les tensions que chacun apprend à dissimuler, ainsi que les injonctions et les obstacles auxquels l’individu peut être confronté dans la société, notamment en tant que femme.
À travers ses œuvres, elle cherche à rendre visibles ces fragilités intérieures et à interroger la manière dont elles participent à la construction de l’identité. La référence au Kintsugi, art japonais consistant à réparer les céramiques brisées en soulignant leurs fractures par de l’or, occupe une place centrale dans son travail. Morgane Parmentier transpose ce principe à la figure humaine : les failles, les blessures et les épreuves ne sont plus dissimulées, mais révélées comme les traces d’une histoire et les manifestations d’une capacité de transformation.
Cette réflexion se traduit plastiquement par une recherche constante d’équilibre entre des éléments opposés. La lumière dialogue avec l’ombre, la précision du geste avec des zones plus libres et chaotiques, la représentation avec l’abstraction, la fragilité avec la force. Les effets de matière, les fractures et les craquelures participent pleinement à cette tension et structurent la surface de ses œuvres.
Sa palette, volontairement resserrée, privilégie les camaïeux de bleu, le noir et les tonalités beige, ponctués de dorures. L’or intervient comme un élément de révélation : il souligne les imperfections, accompagne les ruptures et transforme symboliquement la faille en point de lumière.
Son travail construit ainsi un espace dans lequel ce qui est habituellement caché peut devenir visible. En donnant une présence aux fragilités et aux fractures, Morgane Parmentier interroge moins la blessure elle-même que ce qu’elle révèle de l’individu, de son identité et de sa capacité à se reconstruire.

